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Sérail du souvenir Alex Caire
Tu vis dans un autre pays que le mien.
Un pays qui voit
naître le jour avant le mien.
Ce temps et cet espace qui semblent nous séparer sont des
remparts d'argile
qui perpétuent le feu
qui s'agite en nous, le feu
qui nous unit.
Oui, mon amour,
je vis constamment dans le passé.
Je vis dans le Temps perpétuel.
Ce sérail du souvenir que j'ai construit, au fil des années,
pour abriter ma passion pour toi,
pour me réfugier dans cette nuit éternelle, sans toi ,
pour faire semblant de vivre ;
vivre ces océans de temps que j'ai passé à t'aimer,
passer toutes mes vies à me nourrir de ton souvenir,
de ton amour éternel,
à dompter ma souffrance ,
à narguer la mort qui ne compte guère,
à conjurer le temps
de ma solitude, ma solitude qui hurle, dans la nuit des temps.
Ce sérail
où je vois partout ton sourire qui m'irradie de bonheur,
où je sens ton souffle
qui caresse mes joues,
qui atténue mes rides,
ton rire
qui retentit en moi, insolent, intemporel, enflammé.
Ta présence …
ta présence
qui me hante,
qui vit en moi tel un poignard dans une chair meurtrie,
tes pas
qui scindent le silence de l'oubli,
et ton amour…
ton amour
qui me traverse telles les laves d'un volcan,
ton amour
qui sertit mon temps,
mon temps perpétuel
en toi.
Inédit. Extrait du Temps perpétuel, Alex Caire, Horus Editeur - 2005







