Apollon était fils de Zeus et de Léto, le dieu solaire de la lumière et de la vérité. (Sculptue grecque du Ve siècle av. J.-C.).

Esp@ce Opinion:
"Je n'approuve pas un seul mot de ce que vous dites,
mais je défendrai jusqu'à
la mort votre droit de le dire."

VOLTAIRE

 

"Le fou doit se moquer du roi, si le roi ne rit pas c'est qu'il est faible"...  Mais en attendant nos souverains  n'écoutent personne...

Pour une école de la citoyenneté.

Malgré les bouleversements que vit notre société depuis ces dernières années, notre école, comme si de rien n’était, continue toujours inébranlable, à fonctionner selon un modèle archaïque : elle s’acharne à tenir nos enfants à l’écart du monde. Elle croit détenir toujours le monopole du savoir et de l’apprentissage. Tout ce qui se passe ailleurs, tout ce qu’on acquiert ailleurs, depuis les expériences vécues dans la rue jusqu’aux connaissances diffusées par les médias modernes: Télévisions, vidéo et maintenant Internet est jugé indigne de contribuer à l’enseignement, hormis peut être l’espace concédé à l’apprentissage des langues étrangères, notamment le Français, lequel a essayé et essaye d’inscrire l’acte pédagogique, par ses contenus, ses approches et ses référents toujours renouvelés à un environnement authentique, pluriel et dynamique. Cette tentative est restée, hélas, sans grand impact dans la mesure où cet apport  « moderne et moderniste » a été perçu comme suspect et du coup, on a tout fait pour le neutraliser voir le marginaliser. Pendant que la  langue officielle du pays (l’Arabe classique) s’enseigne par des méthodes complètement inadéquates et des contenus inactuels. Pire, nos Langues Nationales (l’Arabe dialectale et le Tamazight) qui constituent le substrat culturel de notre Algériannité  sont reniées avec mépris…

En effet, notre  système éducatif affiche la plus étrange et la plus paradoxale des prétentions: Préparer au monde en coupant du monde. Il pratique une détention anachronique avec toutes les connotations que contient ce terme : tristesse, ennui, inadaptation, médiocrité, agressivité, échec scolaire... inévitables dès que l’école sépare l’apprentissage de la réalité, dès que le système fonctionne en vase clos, pour lui-même et de surcroît avec des moyens et des méthodes désuètes.

Notre école se complaît dans son rhétorisme stérile et sa vacuité déconcertante.

Aussi est-il urgent d’en modifier fondamentalement le fonctionnement. Il faut obligatoirement commencer par redéfinir ses finalités et revoir ses stratégies ainsi que ses modalités, si on ne veut pas continuer à faire du gardiennage ou dans les meilleures conditions «  former » d’inutiles rhéteurs névrosés et des bricoleurs du vendredi incultes.

Il est possible de faire autrement, mais à condition d’avoir le courage d’admettre sérieusement que l’Institution Educative est aussi stratégique, sinon davantage que l’Institution Militaire.

Il serait alors temps de lui donner tous les moyens nécessaires et adéquats pour relever les défis des siècles à venir et ce particulièrement en matière de communication et de la recherche scientifique et technique.

Certes, notre école a réussi, dans une grande mesure, «  le démocratisation », plutôt la massification de l’enseignement ; mais, aujourd’hui, elle est contrainte de remporter  la bataille de la personnalisation : c’est-à-dire renoncer à travailler  à la périphérie des apprentissages, mais d’aller au cœur des problèmes que pose l’action pédagogique moderne.

Une Pédagogie Personnalisée consiste à percevoir, dorénavant, l’apprenant comme un Individu au centre du système avec qui nous devrons construire des itinéraires de réussite et non plus d’échec. Nos élèves sont, aujourd’hui, très loin du niveau des examens qu’ils devront passer à la fin de leurs cursus et encore plus loin de pouvoir s’intégrer harmonieusement dans une société de plus en plus complexe.

 

Mais on ne peut réussir ce projet et donner, par conséquent, un sens à notre école :

-sans transformer l’école en un espace d’expression libre où apprenants, enseignants, gestionnaires et parents d’élèves se sentent impliqués, sans exclusion aucune, au projet d’une école franchement algérienne et républicaine éduquant à la citoyenneté, à la liberté, au civisme et  à la tolérance …

-sans valoriser le statut des enseignants en augmentant  surtout leur salaire, leur redonnant une dignité,

-sans doter l’école d’outils didactiques modernes,

-sans promouvoir une véritable politique de la formation continue au profit des enseignants et  des administrateurs aux nouvelles  approches d’enseignements et de gestion,                                                                                                                           

-sans augmenter  les divisions pédagogiques en construisant d’autres établissements et allégeant ainsi les effectifs de nos classes….

 

Sinon, tout débat sur la performance et le devenir de notre système éducatif demeurera purement démagogique … du bavardage de salon, car la situation est alarmante pour ne pas dire gravissime  voire tragique. Toute la société est interpellée  pour contribuer à prendre des décisions politiques  courageuses afin d’assainir et restaurer notre école « sinistrée ».

Elle est devenue fascisante et on n’a rien vu  venir …

                                                                                                    M. DJOUDI. P.E.S.  F.L.E. au Lycée R . Rédha LACHOURI.BISKRA

Article paru dans le quotidien La Nouvelle République du 15 mars 1998.

Informatiser l'école, oui mais comment?
Le Ministère de l’Education Nationale semble enfin résolument décidé à ouvrir l'école aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC).
A l’instar des institutions économiques, sociales et culturelles, l’école ne pouvait, évidemment, se permettre de rester en marge des mutations extraordinaires qu'imposent désormais l’informatique et l’Internet à l'ensemble des activités humaines. On assiste depuis quelques années à une réorganisation radicale des métiers. La nature et le sens même du travail sont l'objet d'une refonte sans précédent. Le métier d’enseigner n’est pas en reste de cette mutation. L'enseignant est aujourd'hui interpellé quant à la nécessité d'acquérir un savoir-faire professionnel nouveau. Il aura à affiner ses compétences, à être capable de comprendre et de transmettre un savoir dorénavant numérique, virtuel, immatériel. Ainsi, sa mission se transformerait en médiateur, en accompagnateur à l'acquisition de ces nouvelles connaissances. Elle consisterait à aider ses élèves à entrer sans trop de dégât dans le millénaire Bill GATES.  
Notre école avait du mal à rivaliser déjà avec les médias classiques (journaux, revues, télévision), sources de l’information et de la culture ; elle a commencé ainsi à perdre l’exclusivité de la transmission des savoirs, néanmoins elle a pu, tant bien que mal, à préserver son rôle institutionnel de validation des connaissances.
Aujourd’hui, les défis que doit relever l'école sont davantage plus dangereux. Les TIC notamment l’Internet menacerait son caractère d'Appareil Idéologique d'Etat, monopole du contrôle de la transmission des connaissances.  A cet égard, si l'école ne fournit pas l’effort de redéfinir ses finalités et réorganiser ses espaces d’enseignement et d’apprentissage, à terme elle risque même de se voir définitivement banalisée dans l’essence de ses missions fondamentales : l’instruction, la formation et l’adaptation à la contemporanéité car aujourd'hui, nos enfants apprennent plus de choses ailleurs (avec un CD Rom ou devant un ordinateur dans un cybercafé) qu'à l'école…
Personne aujourd’hui, ne conteste l’extraordinaire potentiel qu’offrent les TIC dans la formation intellectuelle des citoyens. Incontestablement les nouvelles technologies contribuent à développer chez les apprenants des habiletés intellectuelles, des facultés à communiquer et à former leur esprit critique. Mais détrompons-nous cela ne sera pas la panacée qui remédierait à la mauvaise gestion éducative et à la déperdition scolaire…
Dans notre contexte national, les TIC offrent précisément à la communauté scolaire l'opportunité de disposer de puissantes ressources de documentation, d’enseignement, d’apprentissage et de formation continue qui pourraient pallier aux défaillances en moyens didactiques performants.
Ainsi, les enseignants trouveront là, en plus d'une précieuse banque de données didactiques nécessaires à leurs besoins en formation, un outil d’aide aux difficultés et aux préoccupations de pratiques de classe qu’ils rencontrent.
Il importe au plus haut point que les éducateurs (enseignants, chefs d'établissement, agents d'administration, inspecteurs…) et les apprenants soient motivés à la maîtrise de ces outils d'enseignement, de facilitation des apprentissages et de gestion de l'action éducative.
L’école doit donc s’ouvrir résolument aux TIC et intégrer ce qu’elles offrent de meilleur afin d’améliorer ses démarches éducatives.
Cependant, des questions et des considérations d’ordre pratique voire politique se posent quant à l’intégration de ces outils.
Si l’on veut que ces auxiliaires modernes apportent l’effet qualitatif escompté, il nous faut se garder de toute improvisation. L'informatisation de l'école doit impérativement s’inscrire dans une stratégie rigoureusement définie. Car il ne s’agit pas là d’opter pour un gadget ou de céder à un effet de mode, mais de faire de cet objet, en l'occurrence l'ordinateur, un outil pédagogique qui de surcroît est un instrument de culture, de formation et d’ouverture du citoyen moderne sur les civilisations. Cela ne va pas sans répercussions profondes sur les mœurs d'acteurs qui ont toujours fonctionné selon un modèle scolaire fermé, déconnecté.
Par conséquent, pour réussir cette transmutation et assurer un véritable saut qualitatif dans la voie de la rénovation didactique, il me semble indispensable de s'interdire toute promptitude dans ce domaine. Il nous faut d'abord s'interroger avec lucidité sur le comment finaliser ce projet.
Avons-nous réfléchit aux modalités préalables à l’application de ce projet ?
Avons-nous déjà penser à :                                                                                        
-définir les objectifs et construire les contenus de formation d'accompagnement des enseignants ?
-définir le rôle et la place didactiques de "l'interactivité" dans les programmes scolaires ?
-définir les critères d’évaluation de l’utilisation de ces outils dans l’acte pédagogique ?
-réorganiser les conditions spatio-temporelles de l’enseignement et de l’apprentissage des établissements scolaires ?
-définir les caractéristiques des équipements didactiques informatisés appropriés ?
-revoir les enveloppes budgétaires des établissements pour que ces derniers puissent subvenir aux frais que supposent l’achat, la maintenance et la rénovation des équipements et de la connexion aux réseaux de l’information ? Etc.
Une réflexion sérieuse et responsable sur ce projet ne peut être occultée, ni différée. Si dans le projet de réforme de l'éducation nationale, l'informatisation de l'école est devenue une priorité, le cheval de bataille des  décideurs, il sera inévitable aux partenaires de l’école de répondre à ces questions. Ils doivent trouver une articulation harmonieuse entre les technologies modernes et l’éducation.
Face à un tel défi aussi déroutant, les personnels administratifs et enseignants, dans notre système éducatif se trouvent brusquement et forcément en situation bien normale de non-compétence, d’où la nécessité voire l’urgence d’engager, par le ministère de tutelle, une réflexion sur une politique nationale clairement définie sur l’introduction des TIC dans notre paysage éducatif, c'est-à-dire mettre en place un programme d'accompagnement avant d'engager des dépenses.
Il est à remarquer par ailleurs qu’on ne peut construire une réflexion pertinente sur cette question que si l’on regarde ce qui s’est passé dans ce domaine dans d’autres pays. Aucun rapprochement ne serait à exclure a priori s’il nous permet de mieux comprendre les modalités d’intégration du multimédia en éducation.
On n’aura aucun complexe à s’inspirer des expériences des autres. Comprendre ces expériences ne sera pas un but en soi. Dans notre analyse, cela nous permettra de prendre une décision éclairée, adaptée à notre réalité et à nos possibilités. Cette étude nous aidera éventuellement à rationaliser nos choix afin d’optimiser au maximum l’introduction de ces outils excessivement coûteux.
Le succès de l’introduction des TIC à l’école dépendra donc de la manière avec laquelle se feront l'acquisition et l'opérationnalisation des équipements informatiques. Il faut rappeler ici, qu’il ne s’agit pas seulement de doter les établissements scolaires d’un certain nombre d’ordinateurs, mais d’un matériel didactique informatisé au service d'un enseignement/apprentissage performant. Ces didacticiels doivent répondre aux exigences du curriculum de notre système éducatif. La définition des caractéristiques de ce matériel didactique informatisé sera nécessairement du ressort de l’institution. Le ministère doit superviser l’acquisition et l’installation de ce matériel en pratiquant une politique d’appels d’offre pour un matériel de qualité et ce pour défendre l’intérêt de l’institution et mettre fin à certaines pratiques ripoues et autres escroqueries dont ont été victimes l’école et les enseignants jusqu’à présent en matière d'achat de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes, scanners...)
Indéniablement, l’« informatisation de notre école » s’inscrira dans le rythme inéluctable de la nouvelle évolution du monde.  Ce phénomène est en expansion exponentielle. Sa nature et son importance dans l'évolution de l'école et par conséquent de la nation nous oblige à rationaliser notre démarche.
 Il est essentiel que l'intégration des TIC soit dévolue à des services hautement qualifiés. La création d'un office national ou d'une direction pour la recherche et le développement des TIC en éducation (informatisation et connexion planifiées des établissements scolaires à un réseau national et aux autoroutes de l'information) s'impose et ce pour éviter le bricolage et la dilapidation des deniers de l'état.
C'est à ce service spécialisé que serait assigné la mission de démocratisation de l'usage de l'informatique et de l'accès à Internet. Cette mission passera par le câblage de l'ensemble des établissements scolaires au réseau national (Intranet) et à celui de l'Internet.
Réussir ce projet c'est engager la nation vers une dynamique de développement, de liberté et de démocratie.
En effet, la maîtrise des "Technologies de l'Information et de la communication (TIC), selon le Rapport mondial sur le développement humain 2002 publié par le PNUD, sont devenues un instrument indispensable dans la lutte contre la pauvreté dans le monde. Les TIC fournissent aux pays en développement une occasion sans précédent d’atteindre beaucoup plus efficacement qu’avant des objectifs de développement vitaux, par exemple en matière de réduction de la pauvreté, de soins de santé de base ou d’éducation. Les pays qui réussissent à tirer le meilleur parti des TIC peuvent espérer enregistrer une croissance économique fortement accrue, une protection sociale considérablement améliorée et des formes de gouvernement plus démocratiques." (…) Cependant, sans politiques novatrices dans ce domaine, de nombreux habitants des pays en développement ne pourront en bénéficier."
Pire, ce rapport nous  avertit que si rien n'est entrepris pour sortir nos populations de la pauvreté, l'ignorance et l'injustice nous nous acheminons à coup sûr vers un véritable désastre qui hypothèquerai l'avenir des générations futures.                                                                                    
                                                                              M. DJOUDI.

Article paru dans Le Quotidien d'Oran (en deux parties) les 13 et 14 août 2002

Ministère en échec scolaire !
L’école algérienne, et ce n’est un secret pour personne, est depuis longtemps en échec scolaire. Des tentatives de réforme ont été diligentées de par le passé, en vain. Aucune n’a abouti car elles n’ont été que du rafistolage : allègement de programmes ; réécriture de programmes, réaménagement de programmes,  enseignement de l’anglais dans le deuxième palier du fondamental, introduction du français, seconde langue étrangère, etc.). En fait, des changements mineurs, insignifiants, des « améliorations » conjoncturelles, homéostatiques en somme, alors que  l’ampleur du massacre est devenue tragique depuis bien longtemps. Le danger guète ; l’école devenue dinosaure menaçant la pérennité de la république et personne n’a voulu admettre la menace. On se demande alors et on doute de la même occasion sur la pertinence  des décisions prises par  nos décideurs. Car, à mon humble avis,   la décision de réforme qui aurait dû être prise devait prendre non pas la forme d’un ajustement microstructurel, mais d’une redéfinition d’une école sur la base d’une évaluation  macrostructurelle, c’est-à-dire sur la base d’une étude systémique. Ceci aurait dû l’être d’autant plus  que  l’inefficacité voire la déliquescence  de notre système éducatif faisait déjà l’unanimité. Bref, ce que nous avons fait est à pleurer, nos tentatives de réforme étaient de courte vue. Nous avons manqué de courage et nous nous sommes arrêtés au constat d’un système éducatif « sinistré ».
Une véritable réforme sérieuse, courageuse et responsable se fait toujours attendre.
Ce qui a prévalu jusque là c’est la précipitation et  la politique de la fuite en avant, si de telles démarches  sont une fois de plus poursuivie, elles  nous mèneront encore devant l’impasse qui cette fois-ci hypothèquerait dangereusement l’avenir de la nation.
Le courage, on en a eu. Déjà, dans les années 70, Monsieur Mostéfa LACHERAF, Ministre de l’Éducation de l’époque avait tiré la sonnette d’alarme, il avait annoncé le massacre avenir…  personne ne l’a écouté. On a déchaîné contre lui une meute… elle tombait sur lui à coup de manchettes assassines…  Depuis, le pays s’est « bien » arabisé mais aussi il s’est crétinisé, il s’est islamisé, il s’est clochardisé et il s’est fascisé…
Aujourd’hui, ce qui est en cause, dans notre système éducatif, ce n’est que secondairement les contenus et la pédagogie, c’est d’abord et surtout une méthode de management. Un changement au niveau de la gestion des ressources humaines et matérielles. En d’autres termes, il nous faudrait promouvoir dans l’organisation et la gestion de notre institution outre la lucidité d’esprit et des idées, un nouvel état d’esprit moderne.
En effet, on déplore dans le système l’absence  de stratégie et de modèles pour des prises de décisions éducatives rationnelles et clairvoyantes. On n’a jamais travaillé selon une taxonomie de prise de décisions éducatives. Alors, on fait dans l’ignorance, l’improvisation, le bricolage, la complaisance et le népotisme: des établissements sont construits n’importe comment et n’importe où, souvent pour le plaisir d’un notable ou d’une tribu  ; l’arabe, langue Nationale et Officielle enseignée selon une approche didactique carrément archaïque, personne ne s’en soucie, si en revanche, quelqu’un  osait en faire une remarque,  il déclencherait un tollé et on crierait aussitôt à l’hérésie,   l’orientation de nos élèves soumis aux impératifs des cartes scolaires, selon un vulgaire système des quotas , et on se gargarise de taux de passage satisfaisants, programmations fantaisistes des rythmes scolaires, des enseignants recrutés sans un minimum de qualification et sans accompagnement professionnel, on verse dans le social démagogique et populiste au détriment de l’avenir de nos enfants ; des directeurs de l’éducation nommés sans mérite professionnel (des Agents des Services Économiques et des individus qui n’avaient rien a voir avec l’éducation, que l’on ne recruterait même pas comme suppléants, nous ont été imposés en tant que Directeurs de l’Éducation. Mais ceux-là sont nés sous de bonnes étoiles protectrices ! Personne n’a à en redire. Obligation de réserve oblige ! ).
Cependant, des cadres, qui ont consacré leur vie à  l’éducation, dans l’indifférence totale, partent en retraite,  affligés, déçus, désillusionnés, avec beaucoup d’amertume…
D’autres cadres plus jeunes, formés par l’École Algérienne : inspecteurs, proviseurs, directeurs d’établissements et enseignants compétents, militants d’une école républicaine dégoûtés quant à eux de certaines pratiques se retrouvent blasés, découragés, sans ambition, poussés ainsi à l’indifférence.  
 
Sans invective aucune, notre système éducatif est devenu le règne de l’ingratitude, de l’iniquité, de la débrouille, du piston et de la médiocrité.  Et on s’étonne par la suite de l’absence de moral et de civisme dans la société !
 
Bref, on a été loin des normes et des principes universels d’organisation et de  gestion des systèmes éducatifs de par le monde.
 
Certes la nation dans un élan de générosité naturel a consenti un effort considérable pour tenter de sortir la société de l’analphabétisme, elle a massifié l’école, oui, mais elle ne l’a point démocratisée. Les enfants de l’Algérie « d’en bas » continuent à recevoir une formation au rabais. Alors que ceux « d’en haut », les futurs héritiers du système, s’ils ne se retrouvent pas dans les « classes spéciales » de nos établissements publics celles réservées aux nantis, papa et maman investiront en les plaçant dans des écoles privées ou carrément à l’étranger… Légitime me diriez-vous ?!!! Oui, pendant ce temps, étant donné les conditions d’apprentissage actuelles, nos bambins, les enfants du peuple, personne ne se soucie de la qualité de leur formation, ils ne seront jamais capables de construire le moindre raisonnement cohérent et bien structuré (souvenez-vous de ce terroriste Ingénieur en informatique qui  avait pour chef de cellule  un émir marchand de légumes…).
Et si nos élèves arrivent à prendre conscience et sortent dans les rues revendiquer l’amélioration des conditions d’enseignement de leurs professeurs et les conditions de leurs apprentissages ? …
L’école actuelle est impuissante de former des citoyens, encore moins de les préparer à comprendre et à s’adapter au monde contemporain. Franchement, quel gâchis !
Mais, l’acte pédagogique n’est-il pas un acte au futur ?  Les défis avenirs, ne prépare-t-on pas à les relever dans l’école d’aujourd’hui ?
Ces challenges  de performance, nous sommes capables de les remporter pourvu que nous disposions de moyens humains et matériels efficients, adaptés, constamment  renouvelés et intelligemment gérés.
 
Aussi est-il impérieux d’investir énormément de moyens afin  de doter enfin l’école d’outils performants à même de former à l’humanisme, à  la citoyenneté et à la modernité. Cependant cette exaltante entreprise ne pourra réussir que si l’on moralise l’école  en mettant en place des dispositifs qui stimulent l’effort, favorisent la créativité et l’innovation, encouragent et récompensent l’initiative et la compétence ; ceci ne peut non plus aboutir, si l’on ne valorise pas le statut  des enseignants en leur rendant leur dignité, longtemps bafouée. Le pouvoir d’achat d’un Inspecteur de l’Éducation et de la Formation est aujourd’hui bien inférieur à celui d’un instituteur d’un pays voisin…Et tout un bouquant pour un pécule indécent de 5000 dinars, l’argent de poche hebdomadaire d’un zazou désoeuvré des hauteurs d’Alger. « Les enseignants ont bénéficié d’une augmentation conséquente », un assourdissant tintamarre qui plus est une insulte plutôt, tout comme celle ressentie lorsqu’ils étaient augmentés de 1200 dinars pendant que des « cadres » eux l’étaient à raison de 20.000 dinars…
Bref, il est à noter que dans le domaine de l’éducation comme dans tout autre domaine, la manière de piloter ou de diffuser un changement est aussi décisive que le contenu même de ce changement.
L’efficacité de la réforme dépendrait des hommes et des femmes qu’elle emploiera mais aussi de l’état d’esprit avec lequel elle sera menée. Il nous faudrait se débarrasser de certains responsables véreux qui se sont appropriés le système, de mettre fin à l’impunité, à l’injustice et au laxisme. Il faut redonner  confiance aux enseignants qui malgré la précarité sociale et intellectuelle, malgré le mépris, malgré le manque de moyens didactiques continuent pour la plupart à assumer leur devoir avec rigueur et probité. Redonner confiance me semble être le seul moyen pour former des individus dignes, libres, engagés et responsables. Redonner confiance aux enseignants par la valorisation de leur statut est aujourd’hui le moyen qui permettrait de motiver et d’impliquer une corporation qui s’est trouvée tout le temps marginalisée, exclue des réflexions et des prises de décision dont ils devraient êtres, en principe, les acteurs principaux.
Ces enseignants sont des partenaires sans lesquels aucune réforme ne peut être possible. On ne peut plus continuer à ignorer leurs droits, on ne peut plus continuer à les vilipender…
 
                                                                                                           Mohamed DJOUDI.

Article paru dans Le Quotidien d'Oran (en deux parties) les 18 et19 novembre 2003

Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires par Tariq Ramadan

L'Afrique au secours de l'occident. Anne Cécile Robert.

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