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Né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France (Martinique). Le 3e d'une famille de huit enfants. Fait ses études secondaires au lycée Schoelcher, où Aimé Césaire sera son professeur de français. En 1943, part en dissidence, par l'île voisine de la Dominique, pour rejoindre les Forces françaises libres Maroc, Algérie, Toulon. Blessé en traversant le Rhin. Cette participation marque la fin de ses illusions quant à la « Mère Patrie ». |
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Après sa démobilisation et sa réussite au baccalauréat en Martinique, il s'inscrit en médecine à Lyon. Il obtient un diplôme de médecine légale et de pathologie tropicale, se spécialise en psychiatrie et passe une licence de psychologie. Se marie en 1952. E choisit d'aller à Saint-Alban, comme interne, dans le service du D'Tosquelles, républicain espagnol exilé, car il sait qu'on y expérimente des méthodes nouvelles en psychiatrie. Présente le concours du médicat des hôpitaux psychiatriques. Il fait une demande pour un poste en Afrique (Sénégal), puis en Algérie. Il est nommé, en novembre 1953, médecin-chef à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville : il y transforme la vie des malades et prend la mesure des profonds traumatismes qu'engendre le régime colonial. Il a très vite des contacts avec des militants nationalistes de la base. Le chanteur chaâbi, Abderrahmane Aziz, collabore avec lui. Dès 1954, il héberge, cache des militants, des responsables de la wilaya IV. En juillet 1956, il envoie une lettre de démission à R. Lacoste, ministre résident en Algérie. Il est expulsé d'Algérie. Les contacts sont pris officiellement avec la direction de la résistance algérienne, il rejoint Tunis, s'engageant totalement dans ce combat, en tant qu'Algérien, choisissant l'Algérie comme patrie. Il travaille au département Information à Tunis avec Abane Ramdane. Brefs séjours au Maroc. Membre de la rédaction d'El Moudjahid. En janvier 1960, le G.P.R.A. le nomme représentant à Accra: il effectuera différentes missions en Afrique. En décembre 1960, il se sait atteint d'une leucémie mais ne ralentit pas pour autant ses activités. Il meurt le 6 décembre 1961 aux Etats-unis. Selon son vœu, son corps est ramené à Tunis et il est enterré en terre algérienne. Il a écrit, de février à mai, Les Damnés de la terre. Peau noire, masques blancs (Paris, le Seuil, 1952) ; L'An V de la révolution algérienne (Paris, Maspero, 1959 ; Les Damnés de la terre (Paris, Maspero, 1961, avec une préface de Jan Paul Sartre) ; Pour une révolution africaine (textes rassemblés après sa mort ; Paris, Maspero, 1961). |
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Aperçu sur son oeuvre: |
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Dès son arrivée en Algérie, ce psychiatre martiniquais prend conscience, dans toute son acuité, de l'impossibilité du maintien de la situation coloniale. Introduisant de nouvelles méthodes d'intervention dans les soins psychiatriques à l'hôpital de Blida-Joinville, il a des contacts, très rapidement, avec des militants algériens et rejoint officiellement le F.L.N. à Tunis, après son expulsion d'Algérie qui avait été précédée d'une lettre de démission. Il se considère comme algérien à part entière, engagé dans le combat libérateur; à Tunis, il occupe différentes fonctions dans l'information et dans la diplomatie; il fera des missions en Afrique comme ambassadeur du G.P.R.A. Lorsqu'il arrive à Blida, Frantz Fanon a déjà publié en France, en 1952, Peau noire et masques blancs, où il analyse le processus de déculturation et d'infériorisation culturelles chez les Antillais, à partir d'œuvres littéraires ou de cas cliniques. Déjà s'y affirme son humanisme révolutionnaire : « Chaque fois qu'un homme fait triompher la dignité de l'esprit, chaque fois qu'un homme a dit non à une tentative d'asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte. » En tant que membre de la rédaction d'El Moudjahid, il écrit de nombreux textes mais sans les signer, selon la décision du collectif de rédaction (certains articles seront identifiés et publiés après sa mort avec des inédits dans Pour une révolution africaine). En 1959, Frantz Fanon publie, chez Maspero, L'An V de la révolution algérienne, où il démontre l'irréversibilité de la marche vers son indépendance de la nation algérienne. Il ne se contente pas d'un simple écrit de propagande aux sentences étincelantes et frappantes, mais il offre au lecteur français, pour qu'il comprenne la situation, et au lecteur algérien, comme viatique de lutte, une analyse psycho-sociologique et une information sur une lutte de libération en cours. L'an V est loin d'être un froid traité de sociologie ; c'est une mise en mots d'actes de libération, l'affirmation des forces optimales qu'un combat pour l'indépendance peut réveiller « En Algérie c'est la conscience nationale, les misères et les terreurs collectives qui rendent inéluctable la prise en main de son destin par le peuple. » Certitude sur une souveraineté: « La Nation algérienne n'est plus dans un ciel futur. Elle n'est plus le produit d'imaginations fumeuses et pétries de phantasmes. Elle est au centre même de l'homme nouveau algérien. Il y a une nouvelle nature de l'homme algérien, une nouvelle dimension à son existence. » L'An V est divisé en cinq chapitres : le premier est consacré aux femmes ; le deuxième, à la pénétration de la radio dans la société algérienne ; le troisième, à la famille et aux bouleversements que la révolution lui fait subir; le quatrième traite de l'exercice de la médecine en situation coloniale, et le dernier de la minorité européenne d'Algérie. Le premier chapitre apparaît, encore aujourd'hui, comme l'un des plus forts. Safia Bazi, moudjahida, déclarait récemment qu'en lisant L'An V en prison, à sa parution, elle y avait trouvé une « analyse exacte » de ce qu'elle avait « personnellement vécu », car elle y retrouvait cette « transformation radicale du comportement de la femme à l'épreuve de la révolution [...], un affrontement non moins radical avec la structure traditionnelle de la famille ». Elle y observait « un regard sans complaisance [...], un regard à la fois critique et sympathique d'un colonisé des Antilles qui a décidé à la fois de combattre à nos côtés et d'expliquer dans ses écrits la nature exemplaire de ce combat pour lui et pour les autres peuples alors colonisés ». Le choix de textes est délicat comme pour toute œuvre riche, au style exceptionnel, dont plus d'un lecteur a souligné la beauté, la vigueur, la fascination qu'il exerce.
L'Algérie se dévoile Le corps de la jeune Algérienne, dans la société traditionnelle, lui est révélé par la nubilité et le voile. Le voile recouvre le corps et la discipline, le tempère, au moment même où il connaît sa phase de plus grande effervescence. Le voile protège, rassure, isole. Il faut avoir entendu les confessions d'Algériennes ou analyser le matériel onirique de certaines dévoilées récentes, pour apprécier l'importance du voile dans le corps vécu de la femme. Impression de corps déchiqueté, lancé à la dérive; les membres semblent s'allonger indéfiniment. Quand l Algérienne doit traverser une rue, pendant longtemps il y a erreur de jugement sur la distance exacte à parcourir. Le corps dévoilé paraît s'échapper, s'en aller en morceaux. Impression d'être mal habillée, voire d'être nue. Incomplétude ressentie avec une grande intensité. Un goût anxieux d'inachevé. Une sensation effroyable de se désintégrer. L'absence du voile altère le schéma corporel de l'Algérienne. Il lui faut inventer rapidement de nouvelles dimensions à son corps, de nouveaux moyens de contrôle musculaire. Il lui faut se créer une démarche de femme-dévoilée-dehors. Il lui faut briser toute timidité, toute gaucherie (car on doit passer pour une Européenne) tout en évitant la surenchère, la trop grande coloration, ce qui retient l'attention. L'Algérienne qui entre toute nue dans la ville européenne réapprend son corps, le réinstalle de façon totalement révolutionnaire. (L'An V de la révolution algérienne, éd. Maspero, Paris, 1959.)
En 1960, Frantz Fanon, se sachant condamné, va accélérer ses activités et la rédaction de ce qui, par la force des choses, est considéré, aujourd'hui, comme le « testament politique » de cet homme qui meurt à trente-six ans, Les Damnés de la terre. De son ouvrage, Fanon parle comme d'une sorte de sociodiagnostic du monde colonial; en affirmant la fin d'un tel monde, il précise les contours du monde décolonisé et les écueils et dangers du néo-colonialisme. Le premier chapitre est consacré à la violence et souligne le rôle primordial de la paysannerie dans la libération où elle a tout à gagner, contrairement aux autres classes, ainsi que la compartimentation étanche du monde colonial.
Un monde coupé en deux Le monde colonial est un monde compartimenté. [...]Le monde colonisé est un monde coupé en deux. La ligne de partage, la frontière en est indiquée par les casernes et les postes de police. [...] La zone habitée par les colonisés n'est pas complémentaire de la zone habitée par les colons. Ces deux zones s'opposent [...], elles obéissent au principe d'exclusion réciproque: il n'y a pas de conciliation possible, l'un des termes est de trop. La ville du colon est une ville en dur, toute de pierre et de fer. C'est une ville illuminée, asphaltée, où les poubelles regorgent toujours de restes inconnus, jamais vus, même pas rêvés. [...] La ville du colon est une ville repue, paresseuse, son ventre est plein de bonnes choses à l'état permanent. [...] La ville du colonisé, ou du moins la ville indigène, le village nègre, la médina, la réserve est un lieu mal famé, peuplé d'hommes mal famés. On y naît n'importe où, n'importe comment. On y meurt n'importe où, de n'importe quoi. [...] La ville du colonisé est une ville affamée, affamée de pain, de viande, de chaussures, de charbon, de lumière. La ville du colonisé est une ville accroupie, une ville à genoux, une ville vautrée. C'est une ville de Nègres, une ville de bicots. (Les Damnés de la terre, éd. Maspero, Paris, 1961.
Le deuxième chapitre met en garde, à partir d'observations, contre' l'imitation des pays industrialisés après l'indépendance. Cette dernière se prépare par une politisation profonde des masses. Le troisième chapitre, « Mésaventures de la conscience nationale », est une critique des bourgeoisies des pays indépendants. Les pages que Fanon leur consacre sont d'une lucidité et d'une actualité étonnantes: elles pointent les failles qui font que l'on régresse « de la nation à l'ethnie, de l'état à la tribu ». Courroie de transmission La bourgeoisie nationale prend la place de l'ancien peuplement européen: médecins, avocats, commerçants, représentants, agents généraux, transitaires. Elle estime, pour la dignité du pays et sa propre sauvegarde, devoir occuper tous ces postes, […] la bourgeoisie nationale se découvre la mission historique de servir d'intermédiaire. Comme on le voit, il ne s'agit pas d'une vocation à transformer la nation, mais prosaïquement à servir de courroie de transmission à un capitalisme acculé au camouflage et qui se pare aujourd'hui du masque du néo-colonialisme. La bourgeoisie nationale va se complaire, sans complexes et en toute dignité, dans le rôle d'agents d'affaires de la bourgeoisie occidentale. [...] L'aspect dynamique et pionnier, l'aspect inventeur et découvreur de mondes que l'on trouve chez toute bourgeoisie nationale est ici lamentablement absent. [...] Cette bourgeoisie qui a adopté sans réserve et dans l'enthousiasme les mécanismes de pensée caractéristiques de la métropole, qui a merveilleusement aliéné sa propre pensée et fondé sa conscience sur des bases typiquement étrangères, va s'apercevoir, la gorge sèche, qu'il lui manque cette chose qui fait une bourgeoisie, c'est-à-dire l'argent. La bourgeoisie des pays sous-développés est une bourgeoisie en esprit. Ce ne sont ni sa puissance économique, ni le dynamisme de ses cadres, ni l'envergure de ses conceptions, qui lui assurent sa qualité de bourgeoisie. Aussi est-elle à ses débuts et pendant longtemps une bourgeoisie de fonctionnaires. Ce sont les postes qu'elle occupe dans la nouvelle administration nationale qui lui donneront sérénité et solidité. (Ibid.) Cette analyse de l'évolution de la société après l'indépendance conduit Fanon à une appréciation du rôle et de la fonction du parti, en se fondant sur des observations incisives accumulées pendant son expérience africaine. Le dernier chapitre présentera des cas psychiatriques pendant la guerre. Auparavant, dans le chapitre IV, Fanon s'interroge sur la culture nationale. Dans une perspective d'histoire littéraire, c'est le chapitre qui nous interpelle le plus directement. Comme tout écrivain, il s'est « passionnément attaché à l'étude des actions du symbolique et de l'imaginaire », mais il l'a fait, principalement, par le détour du discours à la fois didactique et polémique de l'essai: discours de l'explication, de l'argumentation et de la prise de position qui permet de démontrer, alors que l'écriture de fiction suggère plus qu'elle n'explique. Le texte fanonien éveille les sens et l'apparente sérénité du réel offerte par la littérature: par là, il nous aide à mieux lire la littérature d'un pays en situation coloniale. Fanon replace, dans ce contexte colonial, la trajectoire des intellectuels, de l'assimilation totale à la prise de conscience de la nécessité de la revendication nationale. La première étape est celle qu'il nomme « la période assimilationniste intégrale », celle où l'intellectuel qui « s'est jeté avec avidité dans la culture occidentale [...] va tenter de faire sienne la culture européenne ». Dans une seconde étape, l'intellectuel colonisé qui, malgré tous les efforts qu'il a déployés pour s'intégrer, se trouve rejeté par la communauté européenne, va « renier » cette culture apprise pour se tourner vers son peuple. Mais le présent déstructuré de son peuple asservi l'atterre : «L'intellectuel est effrayé par le vide, l'anéantissement, la sauvagerie. » Du même coup, il se jette passionnellement dans le passé grandiose de son peuple, excluant du même mouvement le présent du colonisateur et celui du colonisé. C'est à cette étape que Fanon introduit la notion d'identité, question suscitée et entretenue par la situation coloniale : fausse question à un vrai problème. Comment affirmer sa culture dans une situation de domination ? Fausse question, car elle oblige à une plongée individuelle dans le psychologique, enfermant l'intellectuel dans une dualité dont bon nombre d'entre eux ne se dépêtrent pas encore à l'heure actuelle. Dualité vécue comme un incontournable écartèlement. La seule réponse à apporter à l'oppression est l'engagement dans la lutte, en mettant en jeu toutes ses possibilités : en focalisant l'intellectuel sur son identité, sur son « authenticité », au sens le plus étroit du terme, le culturel tend ses bras secourables au politique pour occulter la domination. Ainsi, la culture nationale existe mais, pour s'imposer, elle doit être partie intégrante de la lutte de libération. Celle-ci fait émerger une humanité nouvelle ; l'écrivain, héraut vigilant de la marche d'un peuple, ne peut créer de façon novatrice et constructrice qu'en transformant sa parole et son écoute : dire son peuple, écouter ses rumeurs et non celles de sa psychologie déchirée. Se mettre au rythme de son peuple: souvenons-nous de Lakhdar dans Nedjma : « Je n'étais plus que le jarret de la foule opiniâtre... » La culture nationale, la littérature nationale commencent donc avec l'engagement dans la libération; c'est la troisième étape, où l'intellectuel se fait « éveilleur » du peuple. Frantz Fanon est mort jeune, laissant, à sa patrie d'adoption et au tiers monde en général, un message dont la portée n'est pas encore caduque : l'invention dans l'existence, le refus de l'aliénation de l'homme, le questionnement du monde et le refus de ses certitudes à travers une écriture caractérisée par une « rhétorique de l'indignation ». Il laisse un grand texte humaniste, mais d'« un humanisme combattant, un humanisme de fureur et de révolte ». Une exhortation ferme et d'une intense poésie clôt Les Damnés de la terre.
Fermes, avisés et résolus Allons, camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés, il nous faut la secouer et en sortir. Le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus. Il nous faut quitter nos rêves, abandonner nos vieilles croyances et nos amitiés d'avant la vie. Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. Quittons cette Europe qui n'en finit pas de parler de l'homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. [..] Allons frères, nous avons beaucoup trop de travail pour nous amuser des jeux d'arrière-garde. L'Europe a fait ce qu'elle devait faire et somme toute elle l'a bien fait. [...] Le tiers monde est aujourd'hui en face de l'Europe comme une masse colossale dont le projet doit être d'essayer de résoudre les problèmes auxquels cette Europe n'a pas su apporter de solutions. Mais alors, il importe de ne point parler rendement, de ne point parler intensification, de ne point parler rythmes. Non, il ne s'agit pas de retour à la Nature. Il s'agit très concrètement de ne pas tirer les hommes dans des directions qui les mutilent, de ne pas imposer au cerveau des rythmes qui rapidement l'oblitèrent et le détraquent. Il ne faut pas, sous le prétexte de rattraper, bousculer l'homme, l'arracher de lui-même, de son intimité, le briser, le tuer. Non, nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l'homme, de tous les hommes. Il s'agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins. Il s'agit pour le tiers monde de recommencer une histoire de l'homme qui tienne compte à la fois des thèses quelquefois prodigieuses soutenues par l'Europe mais aussi des crimes de l'Europe dont le plus odieux aura été au sein de l'homme, l'écartèlement pathologique de ses fonctions et l'émiettement de son unité, dans le cadre d'une collectivité, la brisure, la stratification, les tensions sanglantes alimentées par des classes, enfin, à l'échelle immense de l'humanité, les haines raciales, l'esclavage, l'exploitation et surtout le génocide exsangue que constitue la mise à l'écart d'un milliard et demi d'hommes. […] Pour l'Europe, pour nous-mêmes et pour l'humanité, camarades, il faut faire peau neuve, développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf. (Ibid.) |
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Christinane ACHOUR. In Anthologie de la littérature Algérienne de langue française. Ed.ENAP-BORDAS, Paris,1990. |
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Les Damnés de la terre. |
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FANON violence et paysannerieSamedi 30 mai 2009, par (Intervention de Sadek Hadjerès au colloque de l’ACB du 9 Mai 2009) La pensée de Fanon : Quelques uns de ses impacts dans la sphère socio-politique algérienne. Pour une œuvre aussi riche et attachante que celle de Fanon, il m’a fallu en raison du temps limité pour chaque intervention, m’en tenir aux seuls aspects les plus controversés de son œuvre. Il y avait donc risque de donner une apparence simpliste ou partiale à mon opinion. Mais faire preuve de vigilance critique n’enlève rien ni à ce que Fanon nous a apporté, ni à notre estime envers son engagement. Il va sans dire, mais je tiens à le souligner, que le regard critique justifié et nécessaire porté par ceux qui se sont jetés corps et âme dans la lutte libératrice n’a ni les mêmes motivations ni le même contenu que ceux qui prétendent que, tout compte fait, l’insurrection algérienne aurait égalé en férocité la barbarie colonialiste ou bien que la lutte pour l’indépendance ne pouvait mener qu’aux dérives actuelles de l’Algérie. Si tout avait été aussi noir, on ne comprendrait pas pourquoi et comment l’abnégation de millions de femmes, d’hommes et d’enfants, l’énergie et l’audace de milliers de cadres politiques et militaires respectueux du peuple, a réussi avec le contexte international, à colmater victorieusement bien des défaillances pour le résultat d’une indépendance qui a fait l’admiration du monde. Ce sont les ressorts de cette mobilisation que Fanon a eu le mérite de montrer. Quant aux faiblesses de la lutte nationale, leur constat pouvait inciter à les surmonter et surtout aujourd’hui à en tirer des enseignements. Si Fanon avait été aujourd’hui encore parmi nous, nul doute selon moi que son intelligence, sa sensibilité et sa proximité aux gens qui souffrent, auraient fait résonner une fois de plus sa voix dans le combat pacifique des jeunes générations, celle des intellectuels et scientifiques comme le psychiatre Boucebsi et tant d’autres, assassinés dans la tourmente d’une société algérienne jetée dans une espèce de schizophrénie par l’arbitraire des pouvoirs successifs. Fanon fut en effet un porte parole et un analyste talentueux du soulèvement armé, dans la guerre psychologique sans pitié qui nous opposait aux « Services psychologiques » de l’armée colonialiste. Il a mis l’accent sur l’importance des facteurs culturels et pour tout dire, de civilisation, dans l’ampleur et la vigueur du soulèvement national. Il a perçu les dangers qu’allaient générer la rapacité, l’autoritarisme et le cynisme des clans prédateurs qui visaient avant tout le pouvoir en trahissant les espoirs populaires. Il a enfin appelé à dépasser les enfermements régionaliste et nationaliste et à ouvrir des horizons internationalistes et humanistes. Mais une question s’est posée dans les faits : l’élan insurrectionnel pouvait-il à lui seul fonder un projet révolutionnaire à la fois radical et ancré sur le réel ? Ce qui manquait le plus aux Algériens n’était ni la ferveur patriotique ni la volonté de liberté. Les couches sociales mises en mouvement en avaient à revendre. Ce dont elles avaient le plus besoin était de forger des armes théoriques et politiques assez cohérentes et adéquates au contenu de liberté et de justice sociale assigné à l’indépendance. C’est à cette aune que les idées de Fanon, au-delà de l’unanimisme national, ont été perçues de façon diversifiée selon les intérêts sociaux des uns et des autres, leurs parcours culturels et idéologiques, leurs ambitions politiques à court ou plus long terme. Parmi les impacts suscités, je laisserai de côté les réactions tardives de ceux qui après l’indépendance ont reproché à Fanon de n’avoir pas été un Algérien musulman de souche. Comme si certains des « musulmans » qui lui font ce reproche n’avaient pas brillé avant l’insurrection et à ses débuts par leur manque de sensibilité patriotique, allant jusqu’à la condamnation envers les orientations de lutte radicales. Ce thème mériterait à lui seul un autre débat. J’envisage donc les réactions de deux autres sortes d’acteurs engagés dans le mouvement de libération. Les uns, croyant ou prétendant retrouver chez Fanon leurs propres convictions étroites, ont perverti une partie de ses idées et les ont instrumentées dans le champ socio-politique. D’autres acteurs, plus ouverts sur les aspirations populaires et sur l’intérêt national, n’ont pas perçu à temps en quoi certaines des idées de Fanon avaient prêté le flanc à des interprétations perverses. Personnellement, il me semble bien que certaines des idées avancées par Fanon, mais présentes aussi sous une forme ou sous une autre chez un grand nombre d’Algériens à qui il s’adressait, recélaient des lacunes et des risques que l’ensemble du mouvement n’est pas parvenu à dépasser à temps par la jonction de l’expérience et des orientations théoriques. J’ai en vue en particulier deux thèmes : celui de la violence armée, et celui du rôle prêté ou assigné à la paysannerie. Pour le premier, Fanon qui n’était en aucune façon un apôtre de la violence pour elle-même, a légitimé à bon droit la violence armée insurrectionnelle. Il a exalté le remodelage mental qu’elle a provoqué, le recouvrement de la dignité, de la confiance en soi et d’une personnalité jusque là aliénées par la soumission. Mais il n’a attribué à ce remodelage que des effets vertueux. Comme psychiatre partageant la souffrance et la révolte de ses frères et sœurs, Fanon a concentré son attention sur la réhabilitation psychologique et morale du colonisé face au déni et au mépris colonialistes. Mais, comme militant et homme politique, sa présentation linéaire de la violence indépendantiste est restée trop peu empreinte d’un autre volet important, l’effort de régulation politique nécessaire. Il évoque peu ou pas assez le danger des dérives induites par l’insuffisance d’une maîtrise politique, que la Charte de la Soummam avait pourtant mise en exergue. Mais la Charte elle-même l’avait fait sur le mode ou dans le registre apologétique, comme si l’effort politique allait de soi, était inhérent à la justesse de la cause libératrice et en surgissait spontanément. Sur le terrain, les cadres ont retenu surtout de la Charte les normes organisationnelles. L’effort de faire passer la régulation politique dans les actes n’a pas été suffisamment pris en charge. C’est ce que soulignera un an plus tard le rapport-bilan de Abbane et du CCE au CNRA de l’été 1957, la suite montrera que ce fut malheureusement une bataille politique perdue. Selon moi, nombre de chefs de guerre, de bonne ou mauvaise foi, ont exploité ce point faible des approches de la violence armée, comme si les urgences, les contraintes et les situations compliquées du temps de guerre pouvaient tout justifier, excuser des faits politiquement et moralement aussi inexcusables que Melouza, l’assassinat de Abbane Ramdane, les ravages de la bleuite en wilaya III. Je n’ai cité que les sommets les plus visibles d’un tragique iceberg, dont les colonialistes ont profité et qui ont laissé des cicatrices morales, intellectuelles et politiques lointaines. Fanon et de nombreux militants de valeur comme lui, étaient-ils assez informés pour apprécier l’ampleur du phénomène et son impact sur le moral des combattants et l’efficacité de la lutte ? Pouvait-il imaginer par exemple le sort qui fut celui de son confrère à l’hôpital psychiatrique de Blida, le communiste Georges Counillon ? il était monté au maquis des Aurès dès l’été 1955 parce que l’ALN, Larbi Benmehidi me l’avait dit et demandé, avait un besoin pressant en médecins. Il y sera assassiné, avec d’autres, uniquement pour ses opinions, dans l’atmosphère tribaliste et chaotique que les seigneurs de guerre amplifieront après la mort de Benboulaid. En fait, même s’ils étaient plus ou moins informés par la rumeur, on peut comprendre l’inconfort de la situation dans laquelle se sont trouvés Fanon et d’autres militants et intellectuels du FLN. Quand de très proches collaborateurs des dirigeants du GPRA et du FLN me racontaient un jour ce dont ils furent témoins, j’étais sidéré et leur avais dit : comment avez-vous fait pour ne pas sombrer dans la folie ? En fait, bridés à la fois par le mode de fonctionnement des appareils et par l’obligation de réserve face à l’ennemi, pouvaient-ils faire autrement que s’astreindre malgré eux à un degré variable d’autocensure, suffisant à biaiser et émousser peu ou prou l’expression ouverte de leur jugement politique ? J’en puise deux exemples dans les écrits de Fanon. A propos des vertus de la violence libératrice, Fanon lui attribue, dans l’immigration en France, une baisse notable de la criminalité ordinaire entre Algériens par rapport à ce qu’elle était auparavant. Il y a en cela certainement une part de vérité. Mais qu’en est-il des autres nouvelles formes de criminalité qui en Algérie comme en France se sont dissimulées sous des apparences ou des prétextes politiques ? Qu’en est-il de l’hécatombe de militants ou citoyens algériens qui avaient certes quelques racines ou motivations politiques, mais dont on sait aussi à quel point une part renvoyait à des conflits d’intérêts économiques et de pouvoir personnels ou claniques, en fait à une criminalité de droit commun . Autre exemple ; dans un passage de « Sociologie d’une révolution », j’ai constaté que Fanon avait sacrifié lui aussi à une des fables que des dirigeants FLN avaient répandues à l’époque dans une vision hégémoniste et politicienne du rassemblement national. On sait, écrit-il en passant, comme s’il s’agissait d’une vérité établie, que le PCA avait dénoncé les « terroristes provocateurs » (les guillemets sont de Fanon, comme pour authentifier une citation) visant par là le FLN, prend-il le soin de préciser. Le bon sens n’aurait-il pas dû inciter à rechercher dans la littérature du PCA, depuis le 2 novembre 54 jusqu’à l’indépendance quelque chose qui ressemble à cette affirmation ? Je sais par contre avec certitude que le PCA, tout en apportant son soutien entier en actes et en paroles à l’action de l’ALN, a explicité constamment son point de vue différencié et constructif mettant en garde contre des orientations ou des pratiques portant préjudice à la justesse de la cause nationale et susceptible de se retourner contre elle. Ainsi 1959, en cet « An V de la Révolution » où Fanon rédigeait son ouvrage, la direction du PCA, a renouvelé ses recommandations dans plusieurs lettres confidentielles au GPRA, puis publiquement et avec illustrations précises dans la brochure « Notre Peuple vaincra » datée de Novembre 1960, à quelques semaines du tournant historique de Décembre 1960. Si le PCA est parvenu à faire cela, c’est parce qu’il avait pu dans une posture difficile sauvegarder une marge suffisante d’autonomie politique. Voila ce que Fanon et les intellectuels organiquement engagés dans le FLN n’étaient pas évidemment en situation de faire, même s’ils en avaient eu l’intention. Je voudrais en concluant cette partie souligner que les approches insuffisamment politiques de la violence armée n’ont pas engendré seulement des impacts négatifs sur la conduite de la lutte armée. Leur impact stratégique s’est prolongé jusque dans l’Algérie délivrée du colonialisme. Il a imprégné de nombreux secteurs de l’opinion algérienne d’une idée erronée, la suivante : tous les problèmes surgis ne peuvent trouver de solution que dans les capacités des protagonistes à user de la violence armée contre leurs adversaires ou concurrents qu’ils soient politiques, économiques ou idéologiques. Cette thèse n’a pas été suffisamment combattue. Elle a continué à se nourrir d’une tradition ancrée dans les courants hégémonistes du nationalisme, celle de la condamnation du politique sous toutes ses formes, en l’opposant à la lutte armée, avec un privilège accordé à ses modes de gestion autoritaires, son culte du chef et de l’unanimisme encore dominant dans la trame de notre société et notamment paysanne. A défaut d’un effort d’éducation politique plus grand amorcé dans le feu même des combats libérateurs, ces combats armés, à côté de l’immense victoire politique de l’accès à l’indépendance, ont engendré un verrou, un frein à l’essor d’une nouvelle culture démocratique nécessaire aux combats pacifiques de l’édification nationale et sociale. Je serai plus bref en évoquant le deuxième volet, tout aussi stratégique, le rôle de la paysannerie, parce que l’intervention de Harbi en a exposé en profondeur plusieurs aspects théoriques et historiques. Je veux surtout souligner les failles aujourd’hui mieux connues des orientations consistant à assigner à la paysannerie (considérée d’ailleurs à tort comme un bloc homogène) le rôle politique majeur d’entraîner derrière elle les couches sociales jugées retardataires par rapport à elle. La vie a confirmé que malgré sa participation massive et décisive à la libération, la paysannerie ne pouvait jouer un tel rôle, ni par ses caractéristiques économiques et sociologiques ni par les niveaux de conscience civique et politique qui vont avec. Et surtout, circonstance aggravante, quand son rôle est opposé à celui des ouvriers et travailleurs des villes que Fanon a culpabilisé d’une façon moraliste comme des chouchous du régime colonial. Inutile d’aller chercher plus loin les fondements idéologiques qui ont cautionné dès 1956 la caporalisation ou la répression du mouvement ouvrier, des syndicats, des courants démocratiques présentés comme sectaires et antinationaux pour mieux verrouiller ainsi l’ensemble du mouvement démocratique. C’était, à côté de la tyrannie des armes, le meilleur moyen de barrer la route ai Front national de l’édification, de la démocratie et de la justice sociale. C’était une attaque frontale contre ce qui pouvait devenir le noyau moteur d’un tel Front, c’est-à-dire l’alliance de fait et de principe entre les différents courants révolutionnaires existant dans les forces armées, chez les intellectuels, dans les couches les plus exploitées et les plus conscientes de la paysannerie et des travailleurs des villes. L’ambiguïté idéologique dominante a frayé la voie à ce socialisme spécifique prôné par une « élite » politico-militaire pour qui l’option socialiste était avant tout un instrument de pouvoir. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi la bureaucratie dirigeante a choisi d’instrumenter la paysannerie comme une masse de manoeuvre plus facile à mâter et pour cause ! Les ouvriers agricoles salariés, aguerris dans des luttes syndicalo-politiques depuis l’époque coloniale constituaient une exception et c’est pourquoi les dirigeants nationalistes après l’indépendance ont tout fait pour briser leur organisation syndicale et les noyer dans les Unions paysannes-maison, alors que leur dynamisme de classe aurait pu aider à sensibiliser les autres couches de la paysannerie aux luttes sociales et démocratiques. Les autres couches paysannes étaient en effet plus vulnérables aux manœuvres du pouvoir bureaucratiques, ce sont elles qui à l’époque coloniale ont été les moins familiarisées avec l’esprit et les pratiques des luttes démocratiques et sociales modernes. Certes, d’assez larges cercles, notamment dans l’encadrement de l’ALN des frontières, se disaient acquis aux idées de progrès et de justice sociale de Fanon, proclamaient leur sympathie pour la révolution cubaine à ses tout débuts. Derrière cet engouement formel et unanimiste, des courants contradictoires s’affrontaient sourdement dès qu’il s’agissait d’actes et de réalités concrètes. Le sort final de la confrontation était tranché à terme au détriment des conceptions plus conformes aux aspirations populaires. Les courants contraires, s’appuyant en effet à la lettre sur certaines des affirmations discutables de Fanon, ont pu combiner ainsi l’agression idéologique avec la répression ouverte contre la montée possible d’une révolution plus profonde. Celle-ci s’avéra rapidement fragilisée non seulement par les données objectives nationales et internationales mais aussi par la division et la mystification de ses défenseurs naturels et les plus convaincus. Par glissements successifs, les tendances antisociales se sont cristallisées chez ceux qui ont forgé l’Etat indépendant et son idéologie et qui ont renforcé leur emprise sous couvert d’actes en contradiction avec le discours officiel. En fait, à l’image du peuple algérien dans son parcours moderne, Fanon prématurément disparu est resté au milieu du gué alors qu’il n’était en aucune façon dans le camp des conservateurs antisociaux. Malgré sa prémonition de la montée de couches prédatrices, pouvait-il aller plus loin en ces années de braise où tout n’était pas aussi clair qu’aujourd’hui ? Compte tenu des limites que j’ai indiquées, pouvait-il faire plus que fustiger avec véhémence l’avènement des nouveaux despotes ? C’est une posture aujourd’hui dépassée pour l’Algérie actuelle mais dans laquelle s’attardent de façon anachronique des milieux qui n’arrivent pas à dépasser la dénonciation et à s’engager dans une stratégie alternative autre que le remplacement de l’Hadj Moussa par Moussa L’Hadj dans le sérail du système. La bataille idéologique se poursuit sur le socle objectif dont j’ai été heureux de trouver quelques linéaments dans les pages ultimes de Fanon : le terrain décisif des luttes unitaires, quotidiennes et de longue haleine autour des enjeux concrets socio-politiques. Cela nous incite, comme Fanon y appelait de façon pathétique à la veille de sa disparition, à jeter par-dessus bord les tergiversations passées. La complexité de cette bataille dans un environnement mondial nouveau rend d’autant plus obsolètes les extrapolations de ses épigones, enclins à figer ses pensées pourtant vouées à évoluer et à les considérer comme un corps de doctrine achevé, une Bible du Tiers Mondisme. Je partage en cela l’opinion de François Maspéro, dans sa préface à l’ouvrage de Alice Cherki. La question reste d’actualité, on continue à observer comment en particulier des intellectuels organiques du pouvoir s’évertuent à se couvrir d’un vernis fanonien pour justifier leurs positionnements à géométrie variable. Par ses qualités de courage et d’honnêteté, son sens de l’humain et sa sensibilité internationaliste, Fanon reste emblématique pour une partie de nos jeunes, à la manière dont l’est devenu Che Guevara à l’échelle mondiale. Il y a quarante ans après l’équipée mémorable du Che s’était achevée dans un pays qui à l’époque n’avait pas généré les conditions d’un des vingt nouveaux Viet Nam escomptés. Aujourd’hui, les masses paysannes et indigènes particulièrement combatives de Bolivie (notamment les mineurs, ouvriers agricoles et paysans pauvres) construisent et imposent leur projet révolutionnaire et unitaire par des voies remarquablement pacifiques et démocratiques après avoir appris à s’unir à travers plusieurs décennies de luttes très dures. Notre pays est harassé par les épreuves que lui ont fait subir les gestionnaires de l’après indépendance. Mais les générations nouvelles ont commencé à accumuler l’expérience nationale et à enregistrer les expériences mondiales. Une relecture dépassionnée et vigilante du message de Fanon pourrait contribuer à ouvrir aux forces vives algériennes leur propre voie démocratique et pacifique, pour une relance dynamique et plus cohérente du processus de libération amorcé par l’appel du 1er Novembre 1954. Par 8 mai 2009 Source: Mouvement social algérien : histoire et perspectives… |
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