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LITTÉRATURE
DU MONDE |
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L'impossible
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Je meurs d'espoir
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d'embrasement je meurs
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Je meurs pendu
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égorgé je meurs
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mais je ne dis point:
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Notre amour est fini et mort
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Non
-
Notre amour est impérissable
-
In. Rien qu'une autre année.
Ed. De Minuit. Paris 1983
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- Rita et le fusil
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- entre Rita et mes yeux, un fusil
- et celui qui connaît Rita se prosterne
- adresse une prière
- à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel
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- moi, j’ai embrassé Rita
- quand elle était petite
- je me rappelle comment elle se colla contre moi
- et de sa plus belle tresse couvrit mon bras
- je me rappelle Rita
- ainsi qu’un moineau se rappelle son étang
-
- Ah Rita
- entre nous, mille oiseaux mille images
- d’innombrables rendez-vous
- criblés de balles
-
- le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête
- dans mon sang le corps de Rita était célébration de noces
- deux ans durant, elle a dormi sur mon bras
- nous prêtâmes serment autour du plus beau calice
- et nous brûlâmes
- dans le vin des lèvres
- et ressuscitâmes
-
- Ah Rita
- quoi a pu éloigner mes yeux des tiens
- hormis le sommeil
- et les nuages de miel
- avant que ce fusil ne s’interpose entre nous
-
- il était une fois
- O silence du crépuscule
- au matin, ma lune a émigré, loin
- dans les yeux couleur de miel
- la ville
- a balayé tous les aèdes, et Rita
- entre Rita et mes yeux, un fusil
-
-
Traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi
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Rien qu’une autre année. Editions de Minuit, 1983
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Lire:
Identité -
Ahmad Al Arabi
(Poèmes) |
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Le Prophète
(PDF) |
Gibran Khalil Gibran.
(1883-1931)
1. Les enfants
Une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein dit :
parle-nous des enfants.
Il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même.
Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous,
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez loger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas
même en rêve.
Vous pouvez vous efforcer d'être semblables à eux, mais ne cherchez pas à
les rendre semblables à vous,
Car la vie ne revient pas en arrière et ne s'attarde pas avec le passé.
Vous êtes les arcs à partir desquels vos enfants, telles des flèches
vivantes, sont lancés.
L'Archer vise la cible sur la trajectoire de l'infini, et Il vous courbe de
toutes ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée
lointaine.
Puisse votre courbure dans la main de l'Archer être pour l'allégresse,
Car de même qu'Il chérit la flèche en son envol, Il aime l'arc aussi en sa
stabilité.
2. L'amitié
Et un jeune dit : parle-nous de l'amitié.
Et il répondit, disant :
Votre ami est votre besoin qui a trouvé une réponse.
Il est le champ que vous semez avec amour et moissonnez avec reconnaissance.
Il est votre table et votre foyer.
Car vous venez à lui avec votre faim, et vous cherchez en lui la paix.
Lorsque votre ami parle de ses pensées vous ne craignez
pas le "non" de votre esprit, ni ne refusez le "oui".
Et quand il est silencieux votre coeur ne cesse d'écouter son coeur;
Car en amitié, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes
naissent et sont partagés sans mots, dans une joie muette.
Quand vous vous séparez de votre ami, ne vous désolez pas;
Car ce que vous aimez en lui peut être plus clair en son absence, comme la
montagne pour le randonneur est plus visible vue de la plaine.
Et qu'il n'y ait d'autre intention dans l'amitié que l'approfondissement de
l'esprit.
Car l'amour qui cherche autre chose que la révélation de son propre mystère
n'est pas l'amour, mais un filet jeté au loin : et ce que vous prenez est
vain.
Et donnez à votre ami le meilleur de vous-même.
Et s'il doit connaître le reflux de votre marée, laissez le connaître aussi
son flux.
Car qu'est-ce que votre ami si vous venez le voir avec pour tout présent des
heures à tuer ?
Venez toujours le voir avec des heures à faire vivre.
Car il est là pour remplir vos besoins, et non votre néant.
Et dans la tendresse de l'amitié qu'il y ait le rire et le partage des
plaisirs.
Car dans la rosée de menues choses le coeur trouve son matin et sa
fraîcheur.
3. L'amour
Alors al Mitra dit : parle-nous de l'amour.
Il leva la tête et regarda la foule sur laquelle un grand silence s'était
abattu. D'une voix assurée, il dit:
Quand l'amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses chemins soient raides et ardus.
Et quand il vous enveloppe de ses ailes, cédez-lui,
Même si l'épée cachée dans ses pennes vous blesse,
Et quand il vous parle, croyez en lui,
Même si sa voix brise vos rêves comme le vent du nord dévastant un jardin.
Car si l'amour vous couronne, il vous crucifie aussi. Et s'il est pour
votre croissance, il est aussi pour votre élagage.
De même qu'il s'élève à votre hauteur pour caresser vos plus tendres
branches frémissant dans le soleil,
Il descend jusqu'à vos racines et les secoue de leur adhérence à la terre.
Telles des gerbes de blé, il vous ramasse et vous serre contre lui.
Il vous vanne pour vous dénuder.
Il vous tamise pour vous libérer de votre enveloppe.
Il vous pile jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à vous rendre malléables;
Puis il vous assigne à son feu sacré afin que vous deveniez pain sacré au
festin sacré de Dieu.
Tout cela, l'amour vous le fait subir afin que vous connaissiez les
secrets de votre coeur et, au travers de cette connaissance, deveniez
fragment du coeur de la Vie.
Mais si, pusillanimes, vous ne recherchiez que la paix de l'amour et sa
volupté,
Mieux vaudrait pour vous couvrir votre nudité et sortir de l'aire de
l'amour,
Pour pénétrer dans le monde sans saisons en lequel vous rirez, mais pas de
tout votre rire, et pleurerez, mais pas de toutes vos larmes.
L'amour ne donne que de lui même et ne prend que de lui-même.
L'amour ne possède pas et ne saurait être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Lorsque vous aimez, vous ne devriez pas dire : "Dieu est dans mon coeur",
mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu."
Et ne croyez pas qu'il vous appartienne de diriger le cours de l'amour,
car c'est l'amour, s'il vous en juge dignes, qui dirigera le vôtre.
L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et ne pouvez échapper aux désirs, qu'ils soient ceux-ci
:
Vous dissoudre et être comme l'eau vive d'un ruisseau chantant sa mélopée
à la nuit,
Connaître la douleur d'une tendresse excessive,
Recevoir la blessure de votre conception de l'amour,
Perdre votre sang volontiers et avec joie,
Vous réveiller aux aurores, le coeur ailé, et rendre grâces pour une
nouvelle journée d'amour,
Vous reposer à l'heure du méridien et méditer l'extase de l'amour,
Revenir à votre foyer le soir, avec gratitude,
Puis vous endormir avec au coeur une prière pour l'être aimé et sur vos
lèvres un chant de louange.

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D'autres extraits du Prophète disponibles sur:
http://meltingpot.fortunecity.com/upper/560/index.htm
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Ecouter le poème récité par L.S.Senghor

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Léopold SEDAR SENGHOR
- Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle
- Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée
- Femme nue, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.
- Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or rouge ta peau qui se
moire
- A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils
prochains
- de tes yeux.
- Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les
racines de la vie.
Extrait de " Oeuvres Poétiques" Ed.Le Seuil
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Ecouter le
poème |
Rudyard
Kipling (1865-1936)
Si...
(en version anglaise:
If...)
(Une autre traduction, plus proche de l'oeuvre originale est
disponible :
Si...)
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
La traduction mise en vers du poème If... de Rudyard Kipling est de
Paul Eluard.
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Nazim
HIKMET (Poète turc 1902-1963)
Les ennemis
Ils sont les ennemis de l'espoir
ma bien-aimée
De l'eau qui ruisselle, de l'arbre à
la saison des fruits,
de la vie qui
pousse et s'épanouit.
Car leur front marqué du sceau
de la mort,
- dent pourrie, chair décomposée -
ils vont disparaître
à jamais.
Et bien, sûr ma bien-aimée, bien
sûr,
Sans maître et sans
esclaves
Ce beau pays deviendra un jardin
fraternel!
Et dans ce beau pays la liberté
Ira de long en large
Magnifiquement vêtue
de
son bleu de travail.
Ils sont les ennemis de Redjeb,
tisserand à Brousse,
Les ennemis de Hassan, ajusteur
à l'usine de Karabuk,
Les ennemis de la vielle Hatdjen
, la paysanne pauvre,
Les ennemis de Suleyman,
l'ouvrier agricole,
Les ennemis de l'homme que je
suis, que tu es,
Les ennemis de l'homme qui
pense.
Mais la patrie est la maison de
ces gens-là,
Ils sont donc ennemis de la
patrie, ma bien-aimée.
Nos bras sont des branches
chargées de fruits,
L'ennemi les secoue, l'ennemi
nous secoue jour et nuit,
Et pour nous dépouiller plus
facilement, plus tranquillement,
Il ne met plus la chaîne à nos
pieds,
Mais à la racine même de nos
têtes, ma bien-aimée.
In. POEMES. 1948.
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La plus drôle des créatures.
Comme le scorpion, mon
frère
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d'épouvante.
Comme le moineau, mon frère.
Tu es comme le moineau
Dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille
Tu es terrible, mon frère,
Comme la bouche d'un volcan éteint.
Et tu n'es pas un. hélas
Tu n'es pas cinq,
Tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère.
Quand le bourreau lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l'abattoir en courant,
presque fier.
Tu es la plus drôle des créatures, en
somme.
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s'il y a tant de misère sur terre
C'est grâce à toi, mon frère,
Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous sommes écorchés jusqu'au sang,
Pressés comme la grappe pour donner
notre vin,
Irai-je jusqu'à dire que c'est de ta
faute, non.
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.
Nazim HIKMET
In. C’est un dur métier que l’exil.
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- HORS DES JOURS ETRANGERS
- mon peuple quand
- hors des jours étrangers
- germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées
- et ta parole
- le congé dépêché aux traîtres
- aux maîtres
- le pain restitué la terre lavée
- la terre donnée
- quand
- quand donc cesseras-tu d'être le jouet sombre
- au carnaval des autres
- ou dans les champs d'autrui
- l'épouvantail désuet
- demain
- à quand demain mon peuple
- la déroute mercenaire
- finie la fête
- mais la rougeur de l'est au coeur de balisier
- peuple de mauvais sommeil rompu
- peuple d'abîmes remontés
- peuple de cauchemars domptés
- peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre
- demain plus haut plus doux plus large
- et la houle torrentielle des terres
- à la charrue salubre de l'orage
Aimé CESAIRE.
"Ferrements" |
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Nizar Qabbani
(1923-1998) est le poète qui
a consacré sa vie à magnifier dans ses poèmes la beauté de la femme arabe.
Celle-ci est Balkis, sa bien-aimée; elle est aussi sa quête, sa cause, sa
liberté, sa patrie, sa révolte, sa
révolution...
O ma bien aimée,
Qu'est-ce donc
que cette patrie
Qui se comporte avec l'Amour
En agent de la circulation ? Cette patrie
qui considère que la Rose
Est un complot dirigé contre le régime,
Que le Poème est un tract clandestin
Rédigé contre le régime ?
Qu'est-ce donc que ce pays
Façonné sous forme de criquet pèlerin
Sur son ventre rampant
De l'Atlantique au Golfe
Et du Golfe à l'Atlantique,
Parlant le jour comme un saint
Et qui, la nuit tombant,
Est pris de tourbillon
Autour d'un nombril féminin ?
Qu'est-ce donc cette patrie
Qui exerce son infamie
Contre tout nuage de pluie chargé,
Qui ouvre une fiche secrète
Pour chaque sein de femme,
Qui établit un PV de police
Contre chaque rose ?
De l'Alphabet de ton corps
Restera analphabète sa vie durant…
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Nizar Qabbani est né en 1923, diplômé en
1945 de la faculté de droit de Damas, il opte pour la carrière
diplomatique, occupant jusqu'en 1966 les postes de chargé d'affaires et
de conseiller culturel dans les ambassades syriennes d'Egypte, de
Turquie, de Chine et d'Espagne. Il publie son premier recueil de poèmes,
«La brunette m'a dit» en 1944. Suit «L'odeur du jasmin de Damas». En
1952, c'est la parution de «La jeunesse d'un saint». Poète des causes
sociales, il compose la même année un poème qui fait scandale, «Du pain,
du haschich et la lune». Fait unique, le Parlement syrien se réunit pour
juger des écrits de Qabbani qualifié d'«athée provocateur, indigne de
représenter son pays à l'étranger». En 1967, suite à la déroute arabe,
il publie «En marge du journal de la défaite». Engagé politiquement, il
écrit cette auto-critique de l'indétermination du monde arabe et de ses
nombreuses erreurs. Quand on lui reprochait la dureté avec laquelle il
critiquait les Arabes, il disait «âkher el daa' al kay», le dernier
remède c'est la cautérisation par le feu. Installé à Beyrouth au milieu
des années soixante, il disait ressentir «une immense tristesse en
voyant tout le mal qu'on fait» à cette ville. Dans une interview à «L'Orient-Le-Jour»
en 1977, à l'occasion de la parution de «A Beyrouth la femme, avec mon
amour», il indiquait: «Je vis à Beyrouth depuis dix ans. Elle est pour
moi la mère, l'amie et l'aimée. Et il n'est pas aisé de garder son calme
et son équilibre lorsqu'on voit son aimée brûler devant soi d'une
manière gratuite et absurde». Il poursuivait, «ce livre est un cri! Il
est la défense d'une ville qui m'a donné quelque chose de très
important, la poésie. (...) Quoi que l'on puisse dire de Beyrouth, elle
reste une femme poétiquement provocante. On peut certes lui reprocher
d'être superficielle et de s'embellir d'une mince couche de vernis. Mais
outre cet attrait épidermique, je lui vois, pour ma part, une sainteté
poétique. C'est celle de Beyrouth des profondeurs, Beyrouth qui lit et
écrit, Beyrouth de la liberté. C'est une ville qui reste prodigue en
liberté, au moment où il n'existe plus de liberté ailleurs, au moment où
la liberté est devenue orpheline. Aucune autre ville au monde ne peut
remplacer Beyrouth-qui-pense. Et c'est là son plus bel atour. Quand,
dans cette ville, les maisons d'édition ont fermé leurs portes, le livre
arabe a connu une crise. Et le monde arabe a eu faim et soif...»
Marié deux fois, il eut deux enfants de son premier mariage: Toufik et
Hadba. Sa seconde épouse Balkis, irakienne, avait trouvé la mort dans
l'explosion de l'ambassade d'Irak à Beyrouth en 1981. Il en avait eu
également deux enfants, Omar et Zeïnab.
La femme était pour lui la compagne, l'inspiratrice, l'égale. «Je me
suis rendu compte que la femme était plus qu'une poupée ou un objet
décoratif. A partir de ce moment, j'ai commencé à l'appeler dans mes
poèmes «ya sadikati» (mon amie) plutôt que «ya habibati» (mon amour)»
disait-il.
Dans son dernier recueil intitulé «La lumière de l'amour», il met en
garde les Arabes: «Nous n'entrerons jamais dans le club des (peuples)
civilisés si la femme, d'un morceau de chair, ne devienne un champ de
fleurs», et dénonce, d'une manière acerbe, une certaine image de la
femme et un certain conservatisme arabe.
Toujours irrésistible, il était venu, une dernière fois à Beyrouth, en
décembre 1995. A Londres, il tenait un salon littéraire, avec sa nièce
Rana, poétesse et écrivain, première épouse de Mahmoud Darwiche,
actuellement mariée à l'écrivain anglais Patrick Seale.
Jamais indifférent à ce qui se passait dans la région, il a dit sa peine
face à Beyrouth qui se déchirait et son admiration pour les enfants de
Palestine dans «Trio pour les enfants de pierre».«Ils ont magnifié le
monde. Comme des lanternes, ils ont tout éclairé. Ils sont venus comme
la bonne nouvelle. Ils se sont soulevés. Ils ont explosé. Ils sont
morts. Et nous sommes restés des ours polaires. Au corps blindé contre
la chaleur...»
«Doukkou al touboul», demandait-il... pour qu'au rythme grave du
tambour, l'âme des poètes sur terre égarée rejoigne les étoiles.
- Nezar Qabbani s'est éteint à l'âge de
75 ans, le
1er mai 1998.
- A sa mort,
Mahmoud Darwish avait écrit dans les pages de Al-ahram Weekly :
"il n'était pas seulement le poète des femmes, en fait, il était le
poète de tous".
Ses poèmes sont interprétés par plusieurs chanteurs arabes
notamment Oum Kaltoum, Faïrouz, Abdelhalim Hafez, Qassem As-Saher et
Majda Roumi ...
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Partage avec moi le café du matin
Et ne t'ensevelis pas dans la noire tristesse
De l'irrésolution !
Je suis ton voisin, Ô Dame mienne,
Et les collines elles-mêmes prennent des nouvelles
De leur voisines.
Qui suis-je ? … Laisse de côté
Les questions. Je suis
Une esquisse à la recherche des couleurs
Qui la feront exister…
Plus politiques sont les vers suivants :
Nous survivons depuis cinq milles ans
Dans un souterrain
…
Ô mes amis, essayez de briser les portes
De laver vos idées et vos habits
Ô mes amis…
Essayez de lire un livre, d'écrire un livre,
De semer des mots, des grenadiers et des raisins
De voyager aux pays de la neige et des brumes…
Les gens vous ignorent,
A l'extérieur du souterrain
Les gens vous croient être
Une espèce de chacals…
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Lien:Site dédié à Nizar
Quabbani:
www.nizar.net/
http://www.elmandjra.org/nizar.htm
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Le chef
Je veux être le chef
Je veux être le chef
Est-ce que je peux ?
Je peux ? Je peux ?
C'est vrai ? C'est sûr ?
Hourra, je suis le chef
Je suis le chef
Bon alors, qu'est ce qu'on doit faire ?
Roger
MCGough, poète anglais |
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Thomas Stearns Eliot
Saint Louis 1888 - Londres 1965
Écrivain britannique d'origine américaine.
Poète, essayiste et auteur dramatique, il évolua d'une critique de la
société moderne à travers les mythes antiques (la Terre Gaste, 1922) vers
un catholicisme mystique (Meurtre dans la cathédrale, 1935). [Prix
Nobel 1948.]
Le Petit Larousse 2001
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- Un univers
de symboles
- Nous ne cesserons pas notre exploration
- Et le terme de notre quête
-
sera d'arriver là d'où nous étions partis
-
Et de savoir le lieu pour la première
fois.
-
A travers la grille inconnue, remémorée
-
quand le dernier morceau de terre à
découvrir
-
sera celui par quoi nous avions commencé;
-
A la source du plus long fleuve
-
La voix de la cascade celée
-
et les enfants dans le pommier
-
Non sus parce que non cherchés
-
Mais perçus, à demi perçus dans le silence
-
Entre deux vague de la mer.
-
Vite, ici, maintenant, toujours-
-
Une simplicité complète
-
(Ne coûtant rien de moins que tout)
-
Et toute chose sera bien
-
Toute manière de chose sera bien
-
Lorsque les langues flamboyantes
-
S'inféchiront dans la couronne
-
Du noeud ardent et que le feu
-
Et la rose ne feront qu'un.
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Biographie du poète:
Né à
Saint-Louis (États-Unis) en 1888, Thomas Stearns Eliot, fasciné parles
traditions culturelles et littéraires de l'Europe, fait des études de
philosophieà l'université d'Harvard puis à Oxford et à la Sorbonne (1911).
Il s'installe à Londres dès 1914 et devient citoyen britannique en 1927.
Nourri de Dante, des poètes métaphysiques anglais, de Baudelaire,
Mallarmé, Jules Laforgue, il traduit en anglais
Anabase, de Saint-John
Perse (1930). D'une oeuvre poétique de peu de volume, mais dense et
chargée de symboles, il faut retenir les Premiers poèmes (1910-1920), La
Terre vaine (1921-1922), qui devait exercer sur toute la poésie anglaise
une influence considérable, Les Hommes creux (1925), Mercredi des cendres
(1930), les
Poèmes d’Ariel (1927-1930), Quatre quatuors (1935-1943). Elle est en
grande partie traduite en français.
Son
théâtre lui vaut également une grande notoriété. Meurtre
dans la cathédrale (1935)
est représenté par Jean Vilar au Théâtre du VieuxColombier en 1945;
devaient suivre : La Réunion de famille, (1939); La Cocktail-Party (1950),
L'Employé de confiance (1954), L'Homme
d'État âgé (1958).
Il
reçoit le prix Nobel de littérature en 1948 et meurt à Londres, en 1965.
L'oeuvre de T. S. Eliot, variée, diverse,
a connu en France, comme en pays anglo-saxon, un succès inattendu. Car
c'est une oeuvre précieuse où sont traités dans un style de virtuose des
sujets graves, une psychologie, une philosophie très élaborées. A ce
titre Eliot se situe dans la grande tradition de la poésie orphique ou
pindarique |
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Rainer Maria
RILKE
Prague
1875 - Montreux 1926
Écrivain autrichien.
Il passa du symbolisme à la recherche de la signification concrète de
l'art et de la mort dans ses poèmes (le Livre d'heures, 1905 ; Élégies de
Duino, Sonnets à Orphée, 1923) et son roman (les Cahiers de Malte Laurids
Brigge, 1910). Il fut un temps secrétaire de Rodin.
Le Petit
Larousse 2001 |
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«
... Vers la fête absolue »
Oh! va et viens.
Toi, si près de l'enfance encore,
parachève, pour un
instant la figure de danse
en la pure
constellation de l'une de ces danses
où nous surpassons,
nous, faits pour passer,
la sourde ordonneuse
nature. Elle, en effet,
ne s'émut en entier
qu'en entendant le chant d'Orphée.
Tu étais, toi, celle
encor de naguère émue ici,
surprise un peu,
quand après une longue réflexion,
un arbre, avec toi,
se prit à aller d'après l'oreille.
Tu connaissais
toujours cette place où la lyre
retentissante se
levait; - le centre fabuleux.
Tes plus beaux pas,
tu les tentas pour elle,
et tu avais
l'espoir, une fois, de tourner
la face et les pas
de l'ami vers la fête absolue.
Les Sonnets à Orphée,
Ed. du Seuil.
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POÉSIE FRANÇAISE
GASTON MIRON
(Poète Québécois)
Pablo Neruda |
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LITTERATURE ET POESIE
ALGERIENNES |
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LITTERATURE ET POESIE PALESTINIENNES
Marcel Khalifa |
|
Poésie mystique: Djallal Ud-dine Rûmi / Contes d'Attar /
Emir Abdelkader
/ L.S.Senghor |
|
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