A la mémoire de mon collègue BENZEF Mohamed, Professeur de littérature à l'Université de Biskra.

 
   
 

La littérature Égyptienne

 

   

 
 
     
     
 

Une semaine consacrée à l’Égypte sur Canal Académie :

http://www.canalacademie.com/Semaine-speciale-Egypte.html

La littérature égyptienne :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_%C3%A9gyptienne

Liste des écrivains égyptiens :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:%C3%89crivain_%C3%A9gyptien

Adab, à la recherche de la littérature égyptienne contemporaine :

http://adab.chez-alice.fr/ 

L’Égypte éternelle :13 articles sur la littérature égyptienne :

http://www.eternalegypt.org/EternalEgyptWebsiteWeb/HomeServlet?ee_website_action_key=action.display.story&story_id=38&language_id=2

Présentation de la littérature égyptienne :

http://www.bubastis.be/art/litterat/litt08.html

Egypte(s) littérature, dossier dirigé par Stéphanie Dujols et Richard Jacquemond, La pensée de Midi, 12, Printemps 2004, Aix, Actes Sud.

http://remmm.revues.org/document2901.html

 
 
 

Nadjib Mahfouz (1911-2006), lauréat du prix Nobel de littérature en 1988.

 
     
 

Site dédié à Najib Mahfoud (en Arabe): http://www.naguib-mahfouz.com/

Incursions dans l'univers romanesque de Najib Mahfoud: http://carole.lilin.free.fr/incursions_dans_lunivers_de_Naguib_Mahfouz.htm

Le Caire de Mahfouz

http://yclady.free.fr/mahfouz.html

Sur RFI

http://www.rfi.fr/actufr/articles/080/article_45828.asp

Interview de Najib Mahfoud: http://www.humanite.fr/2001-12-19_Cultures_-Naguib-Mahfouz-Pour-une-modernite-arabe

Sur la République des Lettres: http://www.republique-des-lettres.fr/319-naguib-mahfouz.php

Café restaurant de Najib Mahfouz

http://www.alyabbara.com/voyages_personnels/egypte/monuments_traditions/pages/caire_cafe_najib_mahfouz.html

Biographies :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Naguib_Mahfouz

http://livres.fluctuat.net/naguib-mahfouz.html

http://www.evene.fr/celebre/biographie/naguib-mahfouz-5660.php

http://www.evene.fr/celebre/actualite/portrait-naguib-mahfouz-ecrivain-egyptien-hommage-472.php

 
     
 

 
 

Mahfouz par Mahfouz (extrait):

La vie créatrice au Caire

et en Alexandrie

 

- Le café joue un rôle important dans mes romans, et je dirais plus généralement dans notre vie à tous. Autrefois, les clubs n'existaient pas et c'est au café qu'on rencontrait ses amis. Il faut dire que la maison n'était pas un lieu pro­pice à la distraction et à la détente. Nous avons tout d'abord investi l'espace de la ruelle, en attendant d'avoir l'audace d'entrer au café.

 

J'ai fréquenté le café relativement tôt - au début du secondaire - grâce à Sayed Chamma, notre ami de Ghouriyya. Nous avions un café de prédilection à Darrassa, et d'autres un peu partout. Mais les plus célèbres que nous ayons fréquentés étaient le Fichaoui, puis ceux d'Orabi et de l'impasse du Mortier, ainsi que le Ferdaous., le Rex. Quant au Luna Park, c'est nous qui l'avons inauguré. On y servait un narghileh mémorable. Nous fumions en sirotant quelques verres de whisky et en écoutant Oum Kalsoum.

 

Ah! c'est vrai, vous m'avez rappelé le café Ahmad Abdou que je mentionne dans la Trilogie - c'est là que Kamal rencontrait son ami Fouad Hamzaoui. J'aimais beaucoup ce café. Il était aménagé en sous-sol, on descendait par un escalier qui aboutissait à une petite cour ronde, avec une vasque au milieu et une ceinture de petits arbustes tout autour. On y buvait un thé délicieux. A vrai dire, c'est moi qui l'ai baptisé café Ahmad Abdou, je ne me rappelle plus son nom véritable. N'en avez-vous jamais entendu parler par les gens du quartier? Ils ont dû l'oublier : il a été démoli il y a des années. C'était vraiment un café superbe, l'un de ceux auxquels j'étais le plus attaché.

Le café est un lieu de fête

 

- Le temps que je passais installé au Fichaoui fécondait ma réflexion, le narghileh stimulait mon imagination et, à chaque bouffée, je voyais une scène nouvelle se dérouler dans mon esprit. Les jours de congé, je passais au Fichaoui la plus grande partie de mon temps. Et puis, le café est un lieu de fête, c'est là que se rencontrent les amis.

 

Quant aux rencontres littéraires du café de l'Opéra, elles débutèrent en 1943, avec la création du comité qui regroupait auteurs, traducteurs et éditeurs. En fait, nous nous réunissions tout d'abord au café Orabi, mais le groupe des nouveaux écrivains n'avait pas d'affinité avec la bande d'Orabi - les vieux compagnons d'Abbassiyya -, et c'est pourquoi nous optâmes pour le casino de l'Opéra. Nous y demeurâmes jusqu'à en être chassés par la police au début des années soixante. C'était en 1961 ou 1962, je ne sais plus la date.

 

J'y connus de nombreux hommes de lettres comme Salama Moussa et Louis Awad1. Ce dernier y était venu avec le dessein de fonder une revue. Il pensait que Saïd al-Sahhar avait les moyens de la financer. Nous rejoignirent également Choukri Ayad, Badr al-Dib, Fathi Ghanem, la plupart des écrivains de la génération postérieure à la nôtre. Les derniers temps, nos rencontres devinrent assez didactiques, nous organisions des lectures publiques d'oeuvres littéraires.

 

C'est tout à fait par hasard que l'existence de ce salon fut découverte. Un jour, le cortège de Nasser passait dans la rue, les hommes du service d'ordre remarquèrent que plusieurs personnes entraient dans le café et montaient à l'étage. L'un deux y grimpa et nous trouva tous installés là-haut. Surpris de nous trouver si nombreux, il redescendit et organisa un rapide interrogatoire : « Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous réunis ici ? » Le verdict tomba: « Cela s'appelle un rassemblement. » Là-dessus, il nous ordonna de requérir désormais une autorisation de la police pour chacune de nos réunions.

 

C'est ainsi qu'un officier se mit à assister à nos réunions hebdomadaires. Il suivait les discussions littéraires d'une oreille abasourdie, et sursautait à des noms tels que Kafka ou Proust, ou des termes comme « réalisme », « moder­nisme », un jargon pour lui incompréhensible. Il me demanda même de l'aider à rédiger une synthèse de ce qui s'était passé, c'est-à-dire en clair de dresser moi-même le procès-verbal de la séance pour la police ! Inutile de dire que ces conditions étaient inacceptables, et les rencontres prirent fin, malgré les supplications de l'officier... Pour la police elles constituaient une source importante d'informations.

 

Nous les reprîmes plus tard au Sphinx, un café situé en face du cinéma Radio. Au commencement, nous étions trois ou quatre amis, mais bien vite les écrivains se donnèrent le mot. Je fis ainsi la connaissance de la génération des années soixante.

 

Les cafés demeurent pour moi des lieux inoubliables. Tous sont chargés de souvenirs précieux, liés à l'amitié, à la jeunesse, aux meilleures heures de la vie...

 

Alexandrie, enfin. Alexandrie goutte de rosée. Féerie de nuages à la blancheur incomparable. Lieu inondé de rayons lumineux humectés de l'eau des cieux. Coeur des souvenirs mouillés de chagrin et de larmes. (Miramar)

 

 
 

Le café El-Fishaoui au caire:

http://aanzeemar.skynetblogs.be/post/4321668/cafe-el-fishaoui

- Alexandrie est le seul endroit où je me rende régulièrement en dehors du Caire. Ma connaissance d'Alexandrie a commencé lorsque nous habitions à Abbassiyya, j'y allai pour la première fois avec ma soeur en vacances d'été.

Durant mes études secondaires, j'ai pris l'habitude d'y séjourner le temps de mes congés. Pour me récompenser d'avoir réussi mon année scolaire, mon père m'offrait un billet de dix livres. Cette somme était suffisante, à l'époque, pour financer un séjour d'un mois, y compris le billet de train aller et retour en deuxième classe. Mon oncle paternel sermonnait mon père: « Tu vas le gâter avec tout cet argent. Le jour où il travaillera, crois-tu qu'il gagnera ces dix livres ? »

 

Mon camarade de vacances était Ibrahim Fahmi, un ami de la bande d'Abbassiyya, qui allait appartenir au mouvement des Officiers libres. Par la suite, il entra dans les affaires et fut nommé à la direction d'une entreprise. Nous déjeunions ensemble chez Hamidou. A cette époque, la corniche n'était pas encore aménagée et il n'y avait que deux plages: Chatby et Anfouchi. Les vacanciers qui venaient quotidiennement déjeuner chez Hamidou avaient droit au statut de clients privilégiés; la maison leur offrait un plat spécial avec pas moins de deux grands poissons...

 
 

Je me souviens également d'un restaurant allemand où j'entrai un jour; c'était un restaurant vaste et luxueux, à deux étages. Il se trouvait rue Salah Salem, à l'emplacement actuel des magasins Omar Effendi. Les serveurs arboraient d'élégantes livrées. Une fois assis, j'eus la surprise d'en voir arriver quatre, l'un plaça en face de moi une assiette, le second une serviette, le troisième me présenta le menu, le quatrième... Bref, voyant cette débauche de luxe, j'attendis qu'ils fussent affairés plus loin pour sortir précipitamment. C'est que le repas m'aurait coûté une livre, à une époque où dix livres suffisaient à me payer un séjour d'un mois. D'où ma fuite...

- Je n'ai jamais cessé depuis de me rendre régulièrement en Alexandrie, excepté durant la Seconde Guerre mondiale - personne alors ne prenait le risque de ce voyage. A cette époque, certains de nos proches habitaient cette ville ; le quartier où ils résidaient fut bombardé et tous périrent: cette branche de notre famille fut entièrement décimée. Je repris mes voyages annuels en Alexandrie après la guerre, en compagnie de Adel Kamel et Mohammad Afifi. Les années où je ne pouvais m'y rendre, je passais mes vacances dans les cafés du Caire.

 

Vous m'interrogez sur Petro, le splendide café que je fréquentais régulièrement là-bas. Malheureusement, on l'a démoli il y a deux ans. J'ai fait la connaissance de Tawfiq al-Hakim en 1947, après la parution de Passage des miracles. Mohammad Metwalli, qui était alors directeur de l'Opéra, m'informa que le Maître désirait me rencontrer et que je le trouverais au café situé en face de la Banque nationale du Caire. Peut-être était-ce même en 1948.

 

Lorsque je me présentai à lui, il me demanda si je venais souvent en Alexandrie, je répondis par l'affirmative. Lui­même fréquentait un café de Sidi Bichr, mais celui-ci donnait directement sur la rue et nous aurions été incommodés par le passage.

 

Je souffrais de plus en plus alors de mon allergie oculaire ; j'étais contraint de demeurer sur la plage tandis que mes compagnons allaient se baigner; je lui proposai de nous réunir plutôt au café Petro, que j'avais aperçu sur mon chemin. C'était un café tranquille, à l'écart, où on pouvait s'isoler pour méditer et discuter avec ses amis. De plus, il n'était pas loin. C'est ainsi que débutèrent nos réunions au café Petro.

 

Après la Révolution, les pachas y firent leur apparition ; je pus les voir et constater dans quelle terreur ils baignaient. Cela me rappelle une anecdote amusante. Parmi ces pachas, il y en avait un qui demeurait à l'écart et ne se mêlait jamais à nos conversations. Un de nos amis - qui ne manquait pas d'humour - déclara à la cantonade que certain film s'accordait bien avec les idées du pacha. Celui-ci sursauta et s'écria :

- Je n'ai pas d'idées et je ne parle pas de politique!

- Mais ça n'est qu'un film, protesta l'autre.

- Je connais le sujet de ce film, reprit le pacha, et je ne veux pas me mêler de cela.

 

Un autre de ces pachas, al-Margouchi, était un commerçant. Inquiet à l'approche de la Révolution, il liquida ses affaires, prétextant qu'il en avait assez du commerce, que ses enfants avaient maintenant achevé leurs études et qu'il aspirait désormais à vivre à la campagne. Avec le produit de la liquidation, il s'acheta cinq cents feddan de terres. La Révolution éclata. Ses terres furent nationalisées à la suite des décrets limitant la propriété. En revanche, la Révolution, comme vous le savez, épargna totalement les commerçants. Que voulez-vous, c'était la malchance! Al-Margouchi n'avait aucune vocation pour la terre, il avait toujours été un commerçant et rien d'autre.

 

C'est dans ce climat que se nouèrent mes relations avec Tawfiq al-Hakim. Sa conversation était passionnante ; le plus souvent, je me contentais de l'écouter... pour mon plus grand plaisir.

 

 

1. Né en 1915. Penseur, essayiste et critique littéraire

 

In Mahfouz par Mahfouz,

Entretiens avec Gamal Ghitany, Editions Sindbad, Paris 1991. ISBN 2.7274.0204.X

Les ouvrages de Naguib Mahfoud chez Mollat Libraire: http://www.mollat.com/dossiers/naguib-mahfouz-phare-caire-eteint-594.html

 
 

 
 

Taha Hussein (1889-1973)

 
 

"Taha Hussein est l'un des plus éminents essayistes contemporains qui jouèrent un rôle de premier plan dans la renaissance littéraire arabe.

Après avoir acquis une formation traditionnelle en Égypte, il alla en France. Profondément marqué par les lettres grecques, latines et française, après l'avoir été par les lettres arabes, il rentra en Égypte, au terme de cinq années d'études notamment en Sorbonne, décidé à secouer l'esprit somnolent de ses contemporains, à semer en eux le doute cartésien et à purger la littérature d'une fausse érudition séculaire.

Ce critique qui voulut scandaliser, commença par se heurter à la résistance de tout un monde. Loin de se décourager, il se défendit et mena - avec une rare opiniâtreté - une longue lutte contre l'esprit dogmatique. Animé d'une volonté exceptionnelle, sans se lasser devant l'incompréhension, il finit par s'imposer aux lecteurs et par s'attirer tous les honneurs.

Après avoir connu une large audience, l'oeuvre de Taha Hussein est considéré - déjà du vivant même de l'auteur - comme classique..." In Taha Husayn, sa critique littéraire et ses sources françaises. Meftah TAHAR, Edition Maison Arabe du livre, 1982

 
     
 

Le livre des jours. (Extrait)

 
 

 

« Il était  le septième de treize enfants du même père, le cinquième de onze de la même mère, mais il sentait qu’il avait, dans ce nombre imposant de jeunes gens et de petits garçons, une place particulière, distincte de celle de ses frères et de ses sœurs.

En tait-il satisfait ? En souffrait-il ? La vérité est que cette question reste entourée d’obscurité et d’incertitude, et qu’il ne peut aujourd’hui formuler sur elle un jugement sincère. Il devinait chez son père la tendresse et l’indulgence ; il trouvait chez son père douceur et bonté ; il sentait chez ses frères une certaine sollicitude dans leurs façons de lui parler, de s’occuper de lui mais rencontrait parfois chez sa mère une imperceptible nuance de dédain et d’autre fois, de brusquerie. Il croyait aussi percevoir chez son père la même nuance de dédain, quelque peu distant et l’éloignement de temps à autre. De même la sollicitude des frères et sœurs le blessait, parce qu’il voyait une certaine pitié mélangée de mépris.

Cependant il ne tarda guère à connaître la cause de tout cela, car il sut que les autres gens avaient quelque chose de plus que lui et que ses frères et sœurs pouvaient entreprendre des tâches qui restaient au-dessus de ses moyens/ Il sentait que sa mère leur permettait des choses qu’elle lui interdisait ; et cela l’irritait.

Mais cette irritation se changea bientôt en une mélancolie silencieuse et profonde. Elle lui vint d’entendre ses frères décrire des choses dont il n’avait aucune connaissance. Il sut alors qu’ils « voyaient » ce que lui ne verrait jamais. »

Le livre des jours (Al-ayyam) P.23 &24

Traduit de l’arabe par Jean Lecerf et Gaston Wiet. Ed. Gallimard/SNED

Préface de André Gide.

 

 
 

L'Avenir de la culture arabe. (Extrait)

 
 

Il n'y a pas de danger pour notre personnalité à entretenir une relation étroite avec l'Europe.

 

Il y a une autre objection que l'on peut opposer au genre d'idée que je suis en train de t'exposer, celui selon lequel un lien fort et ouvert avec l'Europe pourrait représenter un danger pour notre personnalité nationale et par rapport à ce que nous avons hérité du passé glorieux de cet immense héritage.
On peut voir des individus, des groupes entiers, séduits par la vie européenne, se précipiter vers elle sans s'arrêter à rien, se jetant sur elle comme le papillon sur la flamme qui ne tarde pas à la brûler. Mais il en va de cette objection comme de la précédente. Je ne demande que nous nions ce que nous sommes, que nous désavouions notre passé, que nous nous anéantissions dans [le rapprochement] avec les Européens. Et comment cela pourrait-il être alors que j'appelle à tenir ferme face à l'Europe, à préserver notre culture contre celui qui l'agresse, qui la tyrannise, qui nous empêche de nous en nourrir ?
Nous étions susceptibles de succomber à un tel péril quand nous étions faibles, terriblement faibles, quand nous ignorions notre passé aussi bien proche que lointain, quand nous ne savions pas que nous avions une existence bien à nous et quand une partie d'entre nous pesaient tout au fond d'eux-mêmes que les Européens valaient mieux que les Égyptiens, par essence, parce que les chapeaux valaient mieux que les turbans ou les tarbouches dans la mesure où ils protégeaient mieux la tête !
Maintenant que nous connaissons notre histoire, que nous nous sommes retrouvés, ainsi que notre fierté et notre dignité, que nous sommes persuadés qu'il n'y a aucune différence d'essence, de nature, de tempérament entre l'Égyptien et l'Européen, maintenant je ne crains pas que les Égyptiens ne s'anéantissent [en se rapprochant] des Européens.
De puissantes nations ont envahi l'Égypte, lui ont imposé leur pouvoir pendant des siècles, sans pouvoir digérer ce pays, sans anéantir sa personnalité.
Y aurait-il une nation, quelle qu'elle soit, pour effacer la personnalité égyptienne, la mettre en danger ? A l'époque moderne, l'Égypte a tenu bon face à la plus grande puissance sur terre et elle est sortie du combat victorieuse, alors qu'elle n'avait pour seules armes que sa foi en elle-même et la certitude de son droit. Après avoir triomphé des Anglais, irait-elle s'anéantir [dans leur imitation] ? Bien sûr que non ! Pareil danger viendrait de ce qu'elle s'abstiendrait, ou se montrerait incapable, de résister à l'Europe avec ses propres armes, de la combattre avec les moyens à sa disposition.
Les caractéristiques égyptiennes sont évidentes, manifestes. Elles tiennent à son climat géographique. Souhaitons-nous que l'Égypte s'anéantisse [dans l'imitation] de l'Europe quand nous lui disons de le protéger, d'empêcher que l'Europe s'en empare ? Comment pourrait-elle le protéger si elle ne combat pas l'Europe avec ses propres armes ? Elles tiennent à sa religion : souhaitons-nous que l'Égypte s'anéantisse [dans l'imitation] de l'Europe quand nous lui disons de veiller à sa religion, à ce qu'elle convienne aux nécessités de l'époque, comme elle l'a fait pour nos ancêtres ? Elles tiennent à sa langue et à son héritage culturel et littéraire : souhaitons-nous que l'Égypte s'anéantisse [dans l'imitation] de l'Europe quand nous lui disons de conserver cette langue et cet héritage, de les faire croître pour qu'elles atteignent ce à quoi sont arrivées les différentes langues européennes, leurs différents héritages, pour que nulle langue, nul héritage, n'ait un avantage sur un autre ?
Enfin, elles tiennent à son histoire, longue, grandiose : souhaitons-nous que l'Égypte s'anéantisse [dans l'imitation] de l'Europe quand nous lui disons de préserver le caractère sacré de cette histoire, de montrer qu'elle tient à ce que son présent et son avenir soient à la hauteur de ce passé, et qu'il n'y a rien qu'elle déteste autant que de se voir rappeler par son histoire son rang, sa gloire et tout ce qu'elle a donné à la civilisation, toutes choses bien réelles mais qui n'empêchent pas que l'Europe se joue d'elle comme d'un enfant, cet enfant qu'elle continuera à être parce qu'elle ne veut rien changer à sa vie actuelle et qu'elle ne veut pas acquérir ce qui a causé le progrès européen ?
Bien sûr que non. La personnalité égyptienne, pas plus que la japonaise, n'a quelque chose à craindre de la civilisation moderne. Je ne vois pas pourquoi les Égyptiens perdraient leur personnalité en marchant sur les traces des Européens alors que les Japonais n'ont pas les mêmes titres de gloire pour ce qui est du passé ?!

Taha Hussein, L'Avenir de la culture arabe (1938)
Le Caire, Dâr al-ma'ârif, 1996, 2de édition. (chap. 11, pp. 49-50)

 
     
 

Taha Hussein, rénovateur de la littérature égyptienne :

http://www.canalacademie.com/Taha-Hussein-renovateur-de-la.html

Télécharger cette émission (35.6 Mo)

Biographie de Taha Hussein :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Taha_Hussein

Sur Néfou :

http://perso.orange.fr/nefou/Litt%E9rature.htm

Taha Hussein, Le livre des jours (présentation) : sur rats de biblio-net

http://www.ratsdebiblio.net/husseintaha.html

 

 
 

 
 

La poésie de Ahmed Foued Najm. (En arabe)

 
 

Ahmed Al-Aïdi, Renouveau de la littérature égyptienne?

 
 

 
 

Les écrivains francophones égyptiens:  

http://www.canalacademie.com/Quelques-ecrivains-francophones-d.html

 
 

Biographies et bibliographies:

Andrée Chédid:

http://perso.orange.fr/mondalire/chedid.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9e_Chedid          

Edmond Jabès:

http://www.radiofrance.fr/parvis/jabes.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Jab%C3%A8s

Robert Solé

Site de l'écrivain-journaliste Robert Solé: http://www.robertsole.com/

Interview de R. Solé: http://www.fnac.net/le_goncourt_des_lyceens_2000/auteurs/r_sole_4.asp

 
 

 
 

Voyage à travers l'Égypte éternelle.

 
 

 

Kateb Yacine: Mon voyage en Égypte: http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2005/6/28/litt0.htm

L'Egypte

Sur le site de Institut du Monde Arabe: http://www.imarabe.org/portail/mondearabe/pays/egypte-index.html

Sur France 5: http://www.france5.fr/egypte/

Dossier complet sur l'Égypte (TV5): http://www.cites.tv/citesdumonde/destination15-LeCaire.html

Reportages vidéo sur la vie au Caire: http://www.cites.tv/TV5Site/lecaire/fr/lesplus/reportvideo.html#

L'Égypte un don du Nil: http://perso.orange.fr/devoyage/egypte/index.htm

http://www.egypte-antique.com/papyrus.php

L'Égypte ancienne:

http://www.egyptos.net/

http://www.toutankharton.com/

Le Nil: http://fr.wikipedia.org/wiki/Nil

Carnet de voyage :

Voyage au Caire en Egypte

Le nilomètre, Le musée Oum Kalsoum, Le khan el-Khallili, Le café Fishawie:

http://www.e-voyageur.com/carnet-voyage/egypte/caire-egypte-8.htm

http://www.jmrw.com/Abroad/Egypte/Egypte.html

Le caire: http://www.jmrw.com/Abroad/Egypte/Le_Caire/index.htm

http://www.egyptedantan.com/le_caire/villages_et_agglomerations/villages_et_agglomerations.htm

Khan Khalili : http://www.vazyvite.com/html/egypte/egypte_caire_fin.htm

Musé du Caire (ANG): http://www.egyptianmuseum.gov.eg/ 

La colonie française en Egypte : MOYEN- ORIENT. Egypte. Gérard de Nerval, un poète en Orient: http://www.diplomatie.gouv.fr/archives/dossiers/lire-en-fete/egypte/egypte2.html

http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/egypte/egypte.html

Le Site du Dr Ali Abbara

Excellent, très bien documenté. A découvrir !

http://www.aly-abbara.com/index.html

Al-Ahram, Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi  http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2005/6/28/une10.htm

 

 
   
 

 
 

LITTERATURE ET POESIE ALGERIENNES      MOHAMED DIB     JEAN SENAC        TAHAR DJAOUT     YASMINA KHADRA

 
 

Littérature et Poésie Palestiniennes            Marcel Khalifa                Alex Caire       Littérature du Monde

 
 

Poésie mystique: Djallal Ud-dine Rûmi  /   Contes d'Attar     /   Emir Abdelkader       /     

 
 

POÉSIE  FRANÇAISE           GASTON MIRON (Poète Québécois)       Pablo Neruda        L.S.Senghor