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Les
Etats-Unis d'Europe |
Ecrit après la visite d'un bagne
Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on
gagne.
Quatre vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.
Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.
La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.
Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.
In. Les quatre vents de
l'esprit
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Arthur Rimbaud
(1854-1891)
Rêver pour l'hiver
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la
glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...
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Louis ARAGON (1897-1982)
- Un
jour, un jour,
- Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
- Sa protestation, ses chants et ses héros
- Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
- A Grenade aujourd'hui devant le crime
-
- Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
- Emplissant tout à coup l'univers de silence
- Contre les violents tourne la violence
- Dieu le fracs que fait le poète qu'on tue!
-
-
- Un jour pourtant un jour
viendra couleur d'orange
- Un jour de palme un jour de
feuillage au front
- Un jour d'épaule nue où les
gens s'aimeront
- Un jour comme l'oiseau sur la
plus haute branche
-
- Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
- Des manières de roi et des fronts prosternés
- Et l'enfant de la femme inutilement né
- Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
-
- Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
- Le massacre toujours justifié d'idoles
- Aux cadavres jetés le manteau de paroles
- Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
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-
- Un jour pourtant un jour viendra couleur
d'orange
- Un jour de palme un jour de feuillage au front
- Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
- Un jour comme l'oiseau sur la plus haute branche
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Est-ce ainsi que les hommes vivent
Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
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Il n'y a pas
d'amour heureux
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Rien
n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force
Ni sa faiblesse, ni son coeur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
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Sa vie,
elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qui 'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots " Ma vie " et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
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Mon bel
amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir les mots que j'ai tressés
Et qui, pour tes grands yeux, tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux.
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Le temps
d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux
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Il n'y a
pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous deux |

In.
La Diane française. Ed. SEGHERS.1978 page 29. |
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Jacques
Prévert Neuilly-sur-Seine 1900 -
Omonville-la-Petite, Manche, 1977
Poète français.
Il allie l'image insolite à la gouaille populaire (Paroles,
1946 ; Spectacle, 1951 ; la Pluie et le Beau Temps,
1955 ; Fatras, 1966). Il fut le scénariste de plusieurs
films célèbres (Drôle de drame, les Visiteurs du soir, les
Enfants du paradis de Carné ; Remorques, Lumière d'été
de Grémillon).
(In.Larousse.2002 |
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Pour faire le portrait d'un
oiseau
Peindre d'abord une
cage avec une
porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple
quelque chose de
beau quelque
chose d'utile pour l'oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forêt
se cacher derrière
l'arbre sans
rien dire sans
bouger ... Parfois l'oiseau arrive vite mais il peut aussi bien mettre de
longues années avant de se décider Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant
des années la
vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau n'ayant aucun rapport
avec la réussite du
tableau Quand
l'oiseau arrive s'il arrive observer le plus profond silence attendre que l'oiseau entre dans la
cage et quand
il est entré fermer doucement la porte avec le pinceau puis effacer un à un tous les
barreaux en
ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de
l'arbre en
choisissant la plus belle de ses branches pour l'oiseau peindre aussi le vert feuillage et la
fraîcheur du vent la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l'herbe dans
la chaleur de l'été et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante
pas c'est
mauvais signe signe que le tableau est mauvais mais s'il chante c'est bon
signe signe que
vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement une des plumes de
l'oiseau et
vous écrivez votre nom dans un coin du
tableau.
Extrait de "Paroles"
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Paul Verlaine 1844 - 1896
Mon rêve familier
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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même,
Ni tout à fait une autre, qui m'aime et me comprend.
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Car elle me comprend et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seul, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
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Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
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Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, si calme et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues. |
Poèmes saturniens |
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- Art poétique
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair,
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise ;
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !
- Green
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et
des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
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Rutebeuf (1230-1285)
Que sont mes amis devenus
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
_________
Adaptation en Français moderne
de la Griesche d'Hiver.
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Robert Desnos (1900-1945).
J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.
In.Corps
et biens.
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Tristan Tzara (1896-1963)
Chanson dada
I
la chanson d'un dadaïste
qui avait dada au coeur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au coeur
l'ascenseur portait un roi
lourd fragile autonome
il coupa son grand bras droit
l'envoya au pape à Rome
c'est pourquoi
l'ascenseur
n'avait plus dada au coeur
mangez du chocolat
lavez votre cerveau
dada
dada
buvez de l'eau
II
la chanson d'un dadaïste
qui n'était ni gai ni triste
et aimait une bicycliste
qui n'était ni gaie ni triste
mais l'époux le jour de l'an
savait tout et dans une crise
envoya au Vatican
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leurs deux corps en trois valises
ni amant
ni cycliste
n'étaient plus ni gais ni tristes
mangez de bons cerveaux
lavez votre soldat
dada
dada
buvez de l'eau
III
la chanson d'un bicycliste
qui était dada de coeur
qui était donc dadaïste
comme tous les dadas de coeur
un serpent portait des gants
il ferma vite la soupape
mit des gants en peau d'serpent
et vient embrasser le pape
c'est touchant
ventre en fleur
n'avait plus dada au coeur
buvez du lait d'oiseaux
lavez vos chocolats
dada
dada
mangez du veau |
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Gérard de Nerval
(1808-1855)
Il est un air...
Il est un air, pour qui je donnerais,
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber.
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets!
Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit;
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre les fleurs;
Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue...et dont je me souviens!
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Marie Noël (1883-1967)
Déclarations
d'amour |
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Je
vous aime, vous... pour l'amour de Dieu, parce que vous êtes mon prochain,
parce que vous êtes l'un de mes proches. Sans l'amour de Dieu, je ne vous
aimerais pas, vous ne m'êtes pas sympathique.
Je vous aime, vous... parce que vous êtes bon, parce que vous êtes sage,
parce que vous agissez bien..., parce que... parce que... parce que...
Je vous aime, vous... parce que vous êtes malheureux. Si vous ne l'étiez
pas, je ne songerais pas à vous, et quand vous ne le serez plus, je vous
oublierai.
Je vous aime, vous... parce que vous pensez où je pense, voulez où je
veux, aimez où j'aime et qu'il y a entre nous deux cette merveilleuse
harmonie.
Je vous aime, vous... parce que ça me fait plaisir.
Et vous, je vous ai aimé, vous seul, parce que je ne pouvais pas m'en
empêcher malgré le mal que vous aimer m'a fait. Je vous ai aimé sans voir,
sans savoir, sans vouloir, sans pouvoir...
http://franceweb.fr/poesie/noel2.htm
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 |
- sur
oasisfle
|
Elyse Simorre
interprète "Déclaration d'Amour"
(Truespeech,
Internet
Explorer ou
Realaudio)
(extrait de la cassette "Le Mot et la Chose", collection du
Club des
Poètes") |
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Germain Nouveau
(1851-1920) |
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Soif d'un baiser
Comme une ville qui
s'allume
Et que le vent vient embraser,
Tout mon coeur brûle et se consume,
J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.
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Baiser de la bouche et
des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Pleins de délices et de fièvres,
Ah ! j'ai soif d'un baiser !
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Baiser multiplié que
l'homme
Ne pourra jamais épuiser,
O toi, que tout mon être nomme,
J'ai soif, oui d'un baiser.
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Fruit doux où la lèvre
s'amuse,
Beau fruit qui rit de s'écraser,
Qu'il se donne ou qu'il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.
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Baiser d'amour qui
règne et sonne
Au coeur battant à se briser,
Qu'il se refuse ou qu'il donne
Je veux mourir de ce baiser. |
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In.Valentines |
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Raymond
DEVOS |
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Mouscron, Belgique, 1922
Artiste comique et acteur français. Son sens de l'absurde anime ses
monologues, où, à travers calembours, non-sens et gags verbaux, le
personnage principal est toujours le langage.
Le Petit Larousse 2001
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A tort ou à raison
On ne sait jamais qui a
raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai
longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je
me suis aperçu que la plupart des gens à qui je
donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison ! Par
conséquent, j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui
avaient le tort de croire qu'ils avaient raison.
C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune
raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir
raison, alors qu'ils avaient tort ! J'ai raison, non ?
Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là, j'insiste,
parce que ... moi aussi, il arrive que j'aie tort. Mais quand
j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait
reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ? Remarquez ... il
m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison.
Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais
tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison ! En
résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison
devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire
qu'ils n'ont pas tort !
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Documents audio: poèmes et fables (L'albatros.
C.Baudelaire - Art poétique. P.Verlaine - Les djinns. V.Hugo - Si.
R.Kipling...) (La cigale et la fourmi. Le lièvre et la tortue. Le
corbeau et le renard. Jean de la Fontaine) |
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CHANSONS FRANÇAISES
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CIVILISATION
FRANÇAISE
CIVILISATION CHINOISE
civilisation musulmane |
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LITTéRATURE ET POéSIE
ALGéRIENNES |
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LITTÉRATURE DU MONDE |
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LITTéRATURE ET POéSIE PALESTINIENNES
Mahmoud derwich: Poèmes:
identité
-
ahmad al arabi
-
Gaston Miron |
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Poésie mystique:
Djallal Ud-dine Rûmi /
Contes d'Attar /
Émir Abdelkader |
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