(354-430).

 
 

Saint Augustin est, chronologiquement parlant, le premier grand philosophe chrétien de l'histoire. Son action fut autant politique que doctrinale. Son œuvre est immense.

 

 

Philosophe et souverain spirituel de toute la chrétienté. Né à Taghaste (Souk Ahras), en Numidie (à l’Est de l’Algérie actuelle), il étudia à Madaure. Il devint évêque d’Hippone dès 396, combattit le schisme donatiste et, jusqu’à sa mort survenue le 28 août 430, il ne cessa de s’inquiéter du débarquement des Vandales en Afrique du Nord et d’écrire des psaumes, un millier de poèmes chantés encore de nos jours dans les Eglises. Outre l’incontestable autorité théologique dont il jouit dans le monde chrétien, Saint Augustin est aussi un brillant musicologue qui a non seulement montré son talent de théoricien dans « De Musica », mais aussi en créant la première Scola-Ecclésia musicale avec des programmes comportant l’utilisation des chants berbères. Son influence a été telle qu’elle a marqué profondément la pensée chrétienne et son œuvre a quelque chose d’universel. Toute sa pensée s’articule autour du thème majeur de Dieu et de la destinée humaine.

Ses ouvrages, ses sermons et lettres sont parmi les plus traduits au monde. Ses textes restent l’objet de recherche et d’enseignement dans les institutions scientifiques et religieuses des cinq continents. Alger a accueilli au mois d’avril 2001, un colloque international sur l’africanité du philosophe algérien, dans le cadre de la célébration de l’Année du dialogue des civilisations décidée par l’Organisation des Nations Unies. Treize siècles après le décès du philosophe, l’Eglise catholique fera le geste de permettre à cet esprit lucide d’effectuer un pèlerinage dans la ville dont il a été l’évêque : Hippone (l’actuelle Annaba). L’urne qui contient les restes de l’auteur des Confessions devrait quitter Pavie pour l’Algérie en février 2003. Ce voyage symbolique du saint dans son pays natal peut-être interprété comme un signe de la tolérance et de la compréhension entre les différentes cultures et les différentes civilisations.

Les sources de sa pensée

Saint Augustin est d'abord un philosophe chrétien et, bien sûr, toute sa pensée en est influencée.
Mais il a aussi lu Platon, le néo-platonicien Plotin (204-270). Il tente de réaliser la synthèse du christianisme et du platonisme

Sa vie:

 

Aurelius Augustinus naît le 13 novembre 354 à Thagaste en Numidie (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie). C'est un romain d'Afrique, issu d'une famille assez modeste : son père, Patricius, est un petit propriétaire foncier. L'éducation à donner au jeune Augustin cause de la tension entre les parents car le père reste attaché à la religion du paganisme romain alors que sa mère, Monique, est une fervente chrétienne (l'Eglise la fera Sainte Monique). Augustin sera élevé dans la religion maternelle. Augustin reçoit une formation intellectuelle solide et envisage un temps de devenir avocat mais, en réalité, devient professeur dans sa ville natale, puis à Carthage, où il fonde une école de rhétorique, et enfin à Rome et Milan. Pendant cette période, au désespoir de sa mère, il s'éloigne de la religion de son enfance, menant une vie intense, une vie de débauche, dira-t-il dans les Confessions, une vie tourmentée, divisée entre son amour pour la femme avec laquelle il est lié depuis l'âge de 17 ans (et dont il a, en 372, un fils, Adéodat), sa passion pour la littérature et le théâtre et ses inquiétudes métaphysiques.

 
 

 

 

 

Il découvre la philosophie vers 15 ans, en lisant Cicéron, mais c'est d'abord au manichéisme qu'il se convertit. Cette religion connaît à cette époque une grande expansion. Elle enseigne une vision dualiste et tragique du monde (le conflit entre le Bien et le Mal) et préconise une morale ascétique par laquelle l'âme ferait son salut en s'arrachant au monde mauvais. Augustin, déchiré par ses conflits internes, est séduit par cette doctrine et y adhère pendant 9 ans. A son arrivée à Milan, il s'éloigne déjà du manichéisme. Il subit alors l'influence du grand théologien chrétien Ambroise (plus tard Saint Ambroise) qui lui fait découvrir le néo-platonisme. Il se tourne alors vers le christianisme, mais cette adhésion intellectuelle n'est pas encore décisive.
C'est dans un jardin de Milan que lui vient la révélation. Il entend une voix qu'il interprète comme celle de Dieu. Abandonnant l'enseignement, il se retire avec quelques amis et rédige ses premiers dialogues philosophiques. Puis ce sera trois ans de vie monastique et enfin les charges ecclésiastiques. A partir de ce moment, la vie d'Augustin se confond avec l'activité qu'il exerce comme prêtre puis comme évêque d'Hippone (395). Participant activement à tous les grands conflits qui secouent l'Eglise d'Afrique, il produit en même temps une œuvre immense, à la fois philosophique et théologique. Les trois œuvres les plus célèbres seront les Confessions (396-397), La Trinité (400-416), La Cité de Dieu (411-426).
La fin de la vie d'Augustin est assombrie par l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. C'est dans une ville assiégée par les Vandales qu'Augustin meurt le 28 août 430 à Hippone (aujourd'hui Annaba).

 

Son apport conceptuel.
La philosophie de Saint Augustin est intimement liée à sa vie et en particulier à son expérience de la culpabilité. S'il finit par rejeter le manichéisme, c'est parce qu'il exonère l'homme de toute faute. Il existe une liberté du pécheur. Néanmoins, et en ce sens il s'opposera vigoureusement à l'hérésie pélagienne, l'homme ne peut pas se sauver tout seul. Il n'appartient pas à l'homme de faire lui-même son salut. Tout dépend de la grâce que Dieu accorde ou non. (cette idée influencera plus tard la religion réformée de Calvin). L'homme est incapable de se libérer seul des sollicitations de la concupiscence. La puissance des passions est liée au péché originel.
Augustin découvre, avant Descartes, le cogito : je puis me tromper mais " si je me trompe, c'est que j'existe" C'est par la participation à la lumière divine que l'esprit humain acquiert sa sagesse, reflet de ce Divin que l'homme peut saisir au sein même de son âme. Il existe donc des vérités éternelles qui nous sont révélées par une lumière intérieure (théorie de l'illumination), ce qui permet à Augustin de conserver la théorie platonicienne des Idées tout en rejetant le mythe de la réminiscence et de la métempsycose.
 

 

La religion est affaire de foi, adhésion de l'âme nous faisant saisir les principes premiers et qui nous met en possession de la vérité. Néanmoins, la Raison, conçue comme faculté discursive, n'entre pas en conflit avec la foi, mais la complète : il faut comprendre pour croire. De ce point de vue les mystères (par exemple celui de la Trinité) doivent être expliqués. On commence par la foi qui appelle ensuite la connaissance. "La foi cherche, l'intellect trouve."
La notion de devenir historique (qui d'ailleurs n'est pas explicitement formulée) existe chez Saint Augustin : le fait que, par le Christ, Dieu soit intervenu dans le cours naturel du monde est un événement fondamental qui donne son sens à la cité des hommes et à son devenir vers la Cité de Dieu. Il existe en effet deux cités qui coexistent dans ce monde : la cité terrestre qui a pour principe l'amour de soi allant jusqu'au mépris de Dieu et la cité céleste qui regroupe toutes les nations vivant sous la loi de Dieu et a pour principe l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. Si la cité terrestre est historique et donc contingente, la cité de Dieu a pour fin la paix dans la perfection. Les malheurs terrestres sont des épreuves et des châtiments qui nous préparent à l'éternité.
Dans Les Confessions, Saint Augustin développe une intéressante conception du temps. S'opposant à la conception classique, qui faisait du temps une dimension des choses, Saint Augustin montre que le temps n'a pas d'être puisque le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore et le présent est cet instant infinitésimal immédiatement retourné au néant. Ainsi le temps n'a pas d'autre réalité que la réalité subjective que lui confère ma conscience, par ma mémoire (passé), mon attente (avenir) ou mon attention (présent). Il n'est nulle part ailleurs que dans l'esprit des hommes. Ce qui distingue le temps de l'éternité divine est que cette dernière échappe à la succession.

 
Son oeuvre:
Les œuvres les plus connues de Saint Augustin sont Les Confessions, La cité de Dieu et De la trinité.

Source du document: http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/

Liens vers des sites  sur la vie et l'oeuvre se Saint Augustin:

http://www.cvm.qc.ca/ccollin/portraits/augustin.htm
http://gallica.bnf.fr/themes/PhiMA2.htm
http://www.assomption.org/Augustin/PresentAugst.html
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/
http://membres.lycos.fr/abbayestbenoit/augustin/
http://site.voila.fr/archeorom/page3.html
http://www.dominicains.ca/documents/augustin.htm
http://www.herodote.net/histoire061401.htm
http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/augustin.htm#section2
http://www.geocities.com/Athens/Oracle/3099/
http://www.herodote.net/histoire061401.htm
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/confessions/confessions.htm
http://home.nordnet.fr/~caparisot/dico/augustinlec.html

 

Ecouter les confessions lues par Gérard Depardieu sur :
http://www.radionotredame.com/SaintAugustin.asp
Lire le texte des confessions sur:
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/confessions/confessions.htm

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