![]() |
||||||||||||||||||
La consigne, chemin qui mène aux apprentissages |
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||
|
Françoise Raynal & Alain Rieunier. Pédagogie: dictionnaire des concepts clés. ESF éditeur.1997 |
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
Dans une classe, on voit sans cesse les enseignants donner des consignes, et les élèves doivent sans cesse les exécuter. Pourtant, il arrive régulièrement que ces consignes ne soient pas suivies! Il en est de même des énoncés d'exercices ou des sujets de concours. Sur certains sujets du baccalauréat, on a observé, dans diverses disciplines, jusqu'à 30 % de copies hors sujet. D'où cela peut-il venir? Des élèves qui ne savent pas lire ce qu'on leur demande? Bien sûr... mais les maîtres et les manuels scolaires élaborent-ils les énoncés et les consignes avec suffisamment de rigueur? Les consignes ne sont pas toujours suffisamment précises
De nombreux enseignants, mais aussi des manuels scolaires, formulent très fréquemment les consignes de la même manière que dans la fiche1. Alors, comment les modifier pour qu'elles deviennent plus pertinentes? Énoncer ce qu'il faut faire ne suffit pas! Certains enseignants donnent au terme de consigne un sens restreint, en définissant uniquement la tâche: «Faites ceci!» D'autres élargissent le concept en y intégrant plusieurs éléments: les moyens, le degré de `réussite ou d'achèvement... En pédagogie et en didactique, c'est la définition large qui est de plus en plus adoptée.
Pourquoi ce choix d'indicateurs? Traditionnellement, on se limite à informer l'élève de ce qu'il doit réaliser (deuxième indicateur). Les conditions dans lesquelles la tâche doit être menée sont souvent de l'ordre de l'implicite... et certains élèves échouent car ils n'ont pas intégré réellement les règles de fonctionnement imposées par l'enseignant. De plus, le fait de préciser l'intérêt de la tâche permet à l'élève de la situer dans un projet. Nous avons déjà montré qu'apprendre une leçon impliquait que l'on sache ce qu'on allait nous demander d'en faire; il en est de même pour tout autre travail. Analysons maintenant la formulation de la consigne que nous vous avons proposée lors du petit test, au début du précédent chapitre. Répond-elle à ce qui précède? Nous nous apercevons que vous saviez effectivement pourquoi cette activité vous était demandée, en quoi elle consistait, dans quelles conditions la réaliser et comment elle allait être exploitée ultérieurement. Mais un piège consisterait à prendre cela comme une règle absolue. Dans certaines situations d'apprentissage, une consigne ne doit pas être trop précise; au contraire, il est indispensable de la formuler d'une manière très ouverte (béante!). C'est le cas lorsqu'il s'agit, par exemple, de ne pas recueillir la bonne réponse, mais de faire émerger la diversité des conceptions des élèves sur un sujet donné. Faisons encore une remarque. Dans la réalité, lorsque l'objectif est suffisamment bien cerné, on peut construire l'objectif, la séquence de formation et consigne en même temps. Et si votre vocabulaire était inadapté? La compréhension d'une consigne dépend aussi beaucoup du vocabulaire employé.
On s'est aperçu que beaucoup de termes, habituellement utilisés dans les consignes données aux élèves, représentaient parfois une source de confusion ou d'incompréhension. Il en est ainsi des verbes:
Il s'agit de verbes mentalistes qui ne sont pas assez précis. Il semble nécessaire, dans la mesure du possible, de les remplacer par des verbes exprimant des comportements mieux cernés. «Comparer» pourra devenir « noter par écrit, sous la forme d'un tableau, les éléments identiques et les éléments différents contenus dans... » De plus, certains mots sont porteurs de plusieurs sens. D'une discipline à l'autre, ils peuvent même avoir une signification tout à fait différente. Le meilleur exemple se rapporte sans doute aux mathématiques.
À l'intérieur même d'une discipline, certaines confusions peuvent apparaître. Nous citerons comme exemple une question posée dans le cadre du brevet des collèges en histoire: «En vous appuyant sur ce document [texte de Roosevelt], dressez un tableau de la situation économique et sociale... » Les trois quarts des élèves ont réalisé un tableau... avec des colonnes! Et pourtant, ce n'est pas parce que des termes ont des significations différentes d'une discipline à l'autre qu'il faut uniformiser le langage: cela est utopique et empêche celui qui apprend de s'adapter à des situations variées; il est donc indispensable de mettre les élèves en situation de prendre conscience de ces problèmes et de les analyser avec eux... comme il est essentiel que les professeurs de disciplines différentes en aient pris eux-mêmes conscience et en aient discuté ensemble! Il peut être tout à fait intéressant d'utiliser des termes généraux (comme comparer!), à la condition d'avoir prioritairement pour objectif de les faire construire. C'est, en effet, en plaçant les élèves devant des problèmes à résoudre qu'ils s'approprieront ces savoirs. En revanche, si ces termes sont utilisés comme moyens pour demander un travail bien précis, il est important que la consigne ne soit ambiguë pour personne. Et maintenant, si vous analysiez quelques-unes de vos consignes et quelques-uns de vos énoncés, à l'occasion d'exercices, de devoirs, de situations de formation... ? Dans la pratique, prenez l'habitude d'écrire les consignes lors de la préparation de la situation d'apprentissage et, en classe, notez-les systématiquement au tableau ou utilisez un transparent sur rétroprojecteur.
Comment aider les élèves à comprendre les consignes? On apprend rarement aux élèves à analyser les consignes qui leur sont données. Et pourtant, nous avons dit que leur incompréhension était un facteur important d'échec scolaire. Pour l'enseignant, deux étapes sont donc à prendre en compte: - s'habituer à élaborer ses consignes et à choisir ses énoncés en tenant compte des deux critères cités; - mettre les élèves en situation d'apprendre à lire et à suivre les consignes et les énoncés.
Encore quelques mots à propos des consignes En ce qui concerne un travail entrepris sur les consignes, il est important de savoir que lorsqu'un professeur aborde ce type de formation avec ses élèves, il peut remettre indirectement ses collègues en cause: leurs consignes sont parfois mal formulées et les élèves s'en aperçoivent! Il est donc nécessaire de travailler en équipe ou, au pire, de faire circuler, au sein du groupe d'enseignants qui partage les mêmes élèves, un minimum d'informations sur la formation méthodologique! Et si, quelquefois, une consigne que l'élève se donnait le droit de transgresser était, pour lui, encore plus formatrice? L'expérience montre que lorsqu'il ne s'agit pas d'obtenir une réponse bien précise à un contrôle, le fait d'adapter une consigne, de la comprendre à sa manière, peut quelquefois permettre à ceux qui apprennent d'aller plus loin. En effet, cette attitude contribue à donner du sens à leur travail qui, dans l'autre cas, ne correspond pas réellement à leurs préoccupations ou aux difficultés qu'ils éprouvent le besoin de dépasser.
|
||||||||||||||||||
| Gérard de VECCHI. Aider les élèves à apprendre. Ed.Hachette/Education.2000 | ||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||
|
In.Document d'accompagnement des programmes de la 1ère A.M. Direction de l'Enseignement Fondamental. Avril 2003. |
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
Documents didactiques Lexique de didactique Grilles Activités ludiques |
||||||||||||||||||