| |
|
La
pédagogie du projet

|
|
Définition
"La pédagogie de projet est un processus
d'apprentissage qui met un groupe de
personnes en situation :
- d'exprimer des envies, des questions,
des besoins, des manques, des ambitions;
- de rechercher les moyens d'y répondre;
- de planifier collectivement la mise en
oeuvre du projet et de le vivre."
(Réseau
Ecole et Nature (1997), p. 18)
|
Rôle
de l'enseignant
"L'éducateur est là pour
accompagner, aider, baliser, réguler,
alimenter.
Il est personne ressource et
conseiller."
(Réseau
Ecole et Nature (1997), p. 18)
|
|
L'origine
du projet
(Largement emprunté au
Réseau Ecole et Nature (1997), p.
31)
Il peut venir :
- d'une opportunité ou d'un événement
d'origine externe;
-
Fiche Projets interscolaires
-
Fiche Cigognes sans frontières.
- d'un événement provoqué par
l'enseignant;
-
Phases d'immersion
- d'un projet plus large dans lequel
l'école est engagée;
- d'une information apportée par un
membre du groupe et qui suscite un
intérêt collectif;
- Fiche Déracinement :
Exposition.
- de l'invitation d'un lieu nouveau dans
lequel vous arrivez.
-
Fiche Hyperpaysages. |
Les 7
phases de la démarche
(Complété à partir de
Réseau Ecole et Nature (1997), p.
28-29)
1. Exprimer
ses représentations
2.
S'éveiller
3. Définir
ensemble le projet (finalités,
objectifs, produits)
4. Mettre
en oeuvre le projet (inventaire des
ressources et des contraintes, plan
d'action, analyse des obstacles
prévisibles, détermination des méthodes
et techniques, planification dans le
temps)
5. Agir et
participer
6.
Transmettre (communication sociale)
7. Evaluer
(les résultats et les processus)
Exemples : les fiches
Déracinement et
Hyperpaysages présentent de manière
détaillée tout le déroulement d'un
projet.
D'autres façons de structurer la
démarche existent, tout en étant assez
analogues (cfr.
Le travail en projet, de S.
FRANCOEUR BELLAVANCE). |
|
Réflexions
contradictoires
engrangées au fil du temps des projets
|
|
Avec
certains élèves particulièrement
amochés par
la vie, il faudra parfois des années
avant que puisse émerger un désir, une
attente. Avec eux, c'est cela, le
projet, c'est qu'ils en aient un ! |
Le
moteur du projet doit être alimenté par
la synergie
des projets personnels de chaque élève,
articulés dans le projet collectif. |
|
Le
plus difficile pour l'enseignant est de
rester à sa place et de doser
convenablement
l'énergie qu'il consacre au
projet. Dès le moment où vous sentez que
vous mettez plus d'énergie dans le
projet que vos élèves, c'est un signal
d'alarme. Méfiez-vous de vous dans les
moments creux ! |
Au
cours de tout projet, il faut s'attendre
à des moments
creux de découragement, de
lassitude, de piétinement, voire
d'échec. Des uns et puis des autres, et
parfois de tout le groupe en même temps,
y compris de l'enseignant. |
|
«
Au milieu du gué, les élèves en avaient
marre du projet. Mise au point : on
continue ou on arrête ? Ils décident de
continuer. Le voyage a eu lieu.
Inoubliable. J'ai appris un an plus tard
qu'ils avaient choisi de continuer pour
me faire plaisir, parce qu'ils avaient
perçu ma déception
à la perspective d'un échec.» Réussite
ou échec ? De quoi ? Pour qui ? |
Réussir
un projet à 20 ou 30, c'est tout
simplement...
extraordinaire
! |
|
La
pierre d'achoppement de tous les projets
menés dans le cadre de l'école
secondaire, c'est le fait que la
dynamique engendrée soit sans cesse
brisée par le
saucissonnage structurel, par la
difficulté de pouvoir travailler en
interdisciplinarité et par le manque de
local permanent.
A moins de pouvoir négocier une
modification des structures, les projets
durent, durent ... et la motivation
s'étiole. |
L'échec
du projet n'est pas l'échec de
l'apprentissage.
Anticiper les difficultés ou les échecs,
c'est se préparer à les vivre comme une
source de croissance et non comme une
source de dévalorisation. |
|
Que
d'heures passées ensemble à
discuter, négocier, écouter, à chercher
à se comprendre, à gérer des conflits, à
évaluer, prendre des décisions,
réorienter, planifier, organiser,
contrôler, à rédiger des compte-rendus
de réunion, à chercher des moyens
financiers, à convaincre la direction,
les collègues, les parents, ... par
rapport au temps consacré au travail sur
les contenus ! Question de priorités, à
évaluer aussi. |
Que
d'heures passées ensemble à se
découvrir, à rire ou à pleurer, à
partager des émotions, à devenir
complices et solidaires, à se
réconforter, à s'étonner de ce qui
surgit, à se rappeler les anecdotes du
passé, à fêter la fin d'un projet, à
réunir nos forces, à remplacer l'ironie
par l'humour tendre, à intégrer chaque
"moi, je" dans un "nous" significatif, à
se réconcilier avec le plaisir
d'apprendre... |
|
De
quoi avons-nous peur ? Du rien, du vide,
de l'absence de projet, de lendemain,
d'avenir , de la mort ?
Pour beaucoup d'entre eux, c'est «
no future
». Et pourtant ils vivent ou survivent,
et pourtant ils tiennent le coup, ils
arrivent même encore à rire. En
serions-nous capables ?
Peut-être que ce qui nous fait peur,
c'est de sentir que sur ce terrain là...
ils sont peut-être plus forts que nous. |
Qu'y
a-t-il de plus difficile ? :
percevoir la souffrance de l'élève qui
est dans la difficulté ? renoncer à
l'illusion d'être considéré comme le
sauveur qui apporte la solution ?
renoncer au plaisir de montrer aux
élèves que nous connaissons la solution
? renoncer à notre pouvoir ? faire
confiance ? accepter que nos valeurs ne
soient pas partagées par les élèves ?
renoncer à « former » les élèves, à les
mettre dans notre forme ? accepter
qu'ils pensent par eux-mêmes ? être dans
le doute sur nous-mêmes, sur notre
travail ? être dans l'incertitude ? ... |
|
Autonomisation,
responsabilisation : ce sont des
principes clés de la pédagogie de
projet. N'oublions pas qu'ils ne
correspondent pas nécessairement au
projet personnel de tout un chacun ! |
Lâcher
prise, le plus possible,
progressivement. Renoncer à avoir un
projet sur la classe, sur chaque élève.
Leur confier les rênes de leur propre
vie. Ca tangue, ça dérape ? C'est
normal, ils sont en train d'apprendre...
Se le répéter souvent. |
|
Dans
le projet qui s'exprime, il y a toujours
une partie du rêve qui est dévoilée.
Mais laquelle ? Souvent, celle qui aura
le plus de chances d'être considérée
comme valable, à ses propres yeux ou aux
yeux des autres. Conditionnement
culturel aliénant ou libérateur ? |
Le
rire est contagieux. Qu'en est-il du
désir de vivre,
de se projeter dans l'avenir ?
Contrairement aux idées reçues,
l'entrain et l'enthousiasme des uns peut
démoraliser encore un peu plus ceux qui
vivent un passage dépressif. |

Bibliographie
-
- BORDALLO I., GINESTET
J. - P., 1993, Pour
une pédagogie du projet,
Hachette, Paris.
-
- COLLECTIF, Réseau
Ecole et Nature, 1997,
Alterner pour apprendre,
Montpellier, 69 p.
Intégralement disponible
sur Internet.
-
- COLLECTIF, Réseau
Ecole et Nature, 1996,
La pédagogie de
projet : outil pour
l'éducation à
l'environnement, L'Harmattan,
Paris.
-
- Fédération Nationale
de l'Enseignement
Secondaire Catholique,
collectif, 1991, Du
projet à la pédagogie du
projet, , Bruxelles.
-
- FRANCOEUR BELLAVANCE
S., 1997,
Le travail en projet,
INTÉGRA, Centre de
pédagogie
transdisciplinaire,
Montréal.
-
- JONNAERT P., 1996,
De l'intention au projet,
De Boeck - Wesmaël,
Bruxelles.
-
- LE GRAIN, 1982, Le
défi pédagogique.
Construire une pédagogie
populaire, Editions
Vie Ouvrière, Bruxelles.
-
- PELLETIER P., non
daté,
Le projet,
Département de
Didactique,
Psychopédagogie et
Technologie éducative,
Faculté des sciences d
l'éducation, Université
Laval.
-
- RASSON J.-M., 1995,
Gérer un projet,
dans Apprendre la
démocratie et la vivre à
l'école, Labor,
Bruxelles, pp. 69-71.
-
- Auteur non identifié,
Pédagogie du projet
: présentation brève sur
le site internet du
District scolaire 9, de
la Péninsule acadienne
au Nouveau-Brunswick.
|
|
Source du
document: |
 |
|
|