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Afin d'aider les enseignants dans leur travail, nous proposons ici des pistes de travail, tant pour une pratique en dehors de la classe que pour une mise en oeuvre dans la classe. Nous accentuerons notre propos sur l'aspect tantôt pédagogique, tantôt organisationnel, tant ce dernier aspect semble important au travers des questions que posent les enseignants à qui l'on propose de mettre en oeuvre les TC dans leurs classes. Comment un enseignant peut-il utiliser les TIC pour son travail personnel -Recherche d'information, mise à jour
À partir de sa formation initiale, l'enseignant dispose d'un champ professionnel qui ne cesse de se modifier. Afin de pouvoir en tenir compte, il doit puiser dans de nombreuses sources le moyen de mettre à jour ses informations. Avec les CD ROM, parfois en lien avec Internet, en plus de ses documents habituels, l'enseignant va pouvoir en permanence réactualiser ses informations et éventuellement les confronter avec celles de ses collègues. L'utilisation d'Internet pourra permettre un travail en collaboration avec des collègues ayant les mêmes préoccupations professionnelles. Les compétences à mettre en place afin de parvenir à développer ces pratiques sont, au-delà des compétences informatiques de base, des compétences pour la recherche documentaire, en particulier utilisation des thésaurus, utilisation d'équations de recherche, techniques d'approfondissement des recherches documentaires. La mise en réseau et la capacité d'effectuer un travail collaboratif sont à la base de nouvelles pratiques qui intègrent les outils télématiques. Mise en forme des informations en préparation de séquence
Au-delà de l'information personnelle, le formateur, pour répondre aux besoins des élèves va essayer de rendre sa séquence la plus attrayante possible. L'habitude des publics de la formation augmente l'exigence d'attrait. Si un polycopié manuscrit, reproduit sur un duplicateur à alcool, rend un service réel, l'utilisateur d'un tel support accepte de moins en moins des documents à l'aspect « négligé » par rapport à la communication à laquelle il est habitué. L'utilisation d'un traitement de texte, d'un logiciel de publication assisté par ordinateur ou encore la conception de transparents couleurs intégrant des photos deviennent des compétences de plus en plus courantes. À partir d'une collecte de documents multi-supports, l'utilisation des techniques pour les rassembler en un support unique va supposer l'utilisation du scanner, la capture de documents numériques divers, la manipulation des outils de retraitement de documents (logiciels graphiques ou de mise en page, par exemple). Il sera important de ne pas négliger l'aspect réglementaire lorsqu'il y aura utilisation de document soumis au copyright. - Présentation assistée par ordinateur (ou PRÉAO)
L'illustration de propos, en particulier magistraux, est de plus en plus courante. Pour ce faire, le rétro-projecteur se trouve progressivement supplanté par la projection d'écrans d'ordinateur préparés à l'aide d'un logiciel de présentation assistée par ordinateur. La conception de ces écrans demande peu de technicité dans un usage courant et permet une continuité, support papier, support transparent, PRÉAO et traitement de texte. Cette suite de supports possibles à partir d'un seul outil peut servir de base pour développer un nouveau style de présentation des informations. Les compétences développées pour la conception de pages écran sont identiques à celles permettant de concevoir d'autres supports, avec la dimension des outils son et vidéo qui peuvent être intégrés dans ce type d'outil. Les compétences spécifiques à développer pour mettre en ouvre la PRÉAO sont particulièrement liées à la mise en place du dispositif technique (problèmes de connexion, etc.) et à la technique de conception et de réalisation des exposés multimédia. Cette dernière compétence suppose de maîtriser l'interaction entre les supports multiples mis en oeuvre. Ainsi la présentation de façon dynamique d'une vidéo en cours d'exposé suppose une bonne maîtrise de son point d'insertion dans l'exposé et de son articulation avec l'ensemble. De la même façon, les types de texte et leur habillage sont à analyser précisément en vue d'enrichir la communication. La surcharge, les couleurs, la multiplication pléthorique, etc., sont autant d'écueils qui peuvent générer une surcharge cognitive des récepteurs.
La possibilité d'introduire des technologies dans les pratiques de travail des enseignants ouvre la voie du travail coopératif. Retrouvant l'idée des « phalanstères » et autres « familistères » comme celui de la commune de Guise, le modèle coopératif reprend aujourd'hui de l'importance avec la possibilité de travailler en réseau. Devant la charge de travail et de temps qu'imposent de nouveaux outils et de nouvelles pratiques, il est urgent de réorganiser une division du travail intellectuel. Si cette organisation se fonde sur la taylorisation, outre que ce modèle a montré ses limites, il ne correspond en rien aux pratiques du travail intellectuel, plutôt « artisanal ». Les concepts de « collecticiel » (groupware), de gestion de flux de données (workflow) peuvent aider l'enseignant à mieux organiser son travail. En se basant sur la production collective de documents, sur la confrontation intellectuelle et sur des techniques de travail comme celle du « texte-cible» (ou encore « texte martyre » ou « texte mis en débat »), il est possible de mettre en place de nouvelles pratiques. -L'autoformation, la vie en réseau, l'entraide entre enseignants De nombreux enseignants se plaignent de leur isolement. Toutefois, une analyse de la culture de ce milieu professionnel montre que le travail solitaire représente la plus grande partie du temps d'activité. Seul devant la classe, seul dans la correction des copies et seul dans la préparation de son enseignement, l'enseignant est confronté à cette situation paradoxale d'avoir à communiquer avec de nombreux jeunes et d'être extrêmement isolé dans l'ensemble de son acte professionnel. Cependant, l'analyse du comportement des groupes d'enseignants en stage de formation continue montre combien ils apprécient de pouvoir échanger entre eux. Toutefois, il semble que l'organisation matérielle de l'école soit un frein au développement de pratiques coopératives et collaboratives. L'observation que l'on peut faire sur les usages d'Internet par les enseignants montre des pratiques nouvelles en train d'émerger qui permettent à l'enseignant de se mettre en réseau avec d'autres collègues. Les sites spécialisés par matière et réalisés à l'initiative personnelle de certains enseignants se multiplient, il existe désormais des listes de diffusion concernant à peu près toutes les matières et tous les niveaux d'enseignement. -Conception d'outils pédagogiques Un certain nombre d'enseignants, s'inspirant de leurs pratiques personnelles de préparation de cours, ont pensé concevoir leurs outils pédagogiques. Les auteurs d'ouvrages pédagogiques sont nombreux, ceux de programmes informatiques pédagogiques ou encore de cours sur Internet le sont moins. Cependant, les démarches sont les mêmes, mais elles se différencient par la lourdeur technique, voire intellectuelle, liée à chacun des supports. Les pratiques enseignantes qui sont faites d'assemblages, de collages, sont dans une certaine mesure en opposition à un développement de ces outils et en même temps à la base même de la production de ces types d'outil. En effet, l'enseignant rassemble des informations de sources diverses et n'accepte que très difficilement de mettre en oeuvre totalement une démarche qui n'est pas la sienne. Ce rassemblement constitue, en quelque sorte, un début de conception dont l'aboutissement n'a lieu que dans la séquence, souvent unique, pour laquelle ce travail est effectué. Dès lors que l'on demande à l'enseignant de faire état publiquement de ses documents et de la démarche accomplie, il en dévalorise, presque systématiquement, la pertinence, l'ampleur et la qualité, puis les jette à la poubelle.
Comment travailler en classe avec les médias traditionnels? De nombreux enseignants travaillent avec les médias traditionnels au rang desquels nous retiendrons particulièrement le journal, la radio et la télévision. Les pratiques observées aident à comprendre ce qui a été fait, les difficultés rencontrées et les apports de ces pratiques pour la pédagogie. -Le journal De la semaine de la presse à la publication du journal de classe, l'utilisation du journal est devenue une quasi-institution dans les établissements scolaires (voir la pédagogie Freinet). Les modalités de travail mises en oeuvre autour de la presse écrite vont de l'analyse comparative critique des journaux, à l'écriture complète d'un numéro, voire sa diffusion. Le travail sera donc différent suivant que l'on est en analyse critique ou en production. Le travail d'analyse critique a pour objectif de permettre d'identifier les formes journalistiques, les modalités formelles de traitement de l'information puis, par une analyse comparative de la presse, de comprendre les différentes mises en écrit des événements. Le travail de construction d'un journal rassemble plusieurs tâches : la collecte d'informations, la mise en forme d'informations en vue d'un article, la hiérarchisation des informations en fonction des impératifs éditoriaux et la mise en page définitive permettant une lisibilité de l'information. -La radio L'époque de la libéralisation des radios, avec l'apparition des radios libres, a mis à jour les potentialités de ce média dans une démarche pédagogique. Toutefois, les expériences sont rares, même si des radios d'établissements scolaires existent encore, et si de temps à autre des classes font une émission sur une radio. On identifie dans les pratiques trois grands types, hormis l'analyse d'émissions : la réalisation d'un montage sonore, la réalisation d'une émission audio en direct, la réalisation d'une radio quotidienne d'établissement ou événementielle. - La réalisation d'un montage audio a pour objectif de développer la compréhension du poids technique de l'outil et des spécificités du message audio pour la transmission de l'information (par rapport à d'autres supports). - La réalisation d'une émission de radio en direct permet de comprendre la valeur des messages oraux lorsqu'il n'y a pas de possibilité de « retravail » du message avant transmission; elle développe aussi les facultés d'expressions dans des cadres qui peuvent être stressants. - La réalisation d'une radio interne, qui n'a pas les contraintes d'un travail d'émission réalisé avec des professionnels, a la particularité de faire prendre conscience de l'importance de la régularité comme facteur de communication et pose la question du renouvellement et du rythme des diffusions. Ce travail permet de faire entrer les réalisateurs de ce genre de tâche dans un projet de longue haleine, ce qui est rarement le cas en milieu d'enseignement et de formation. -La télévision, l'audiovisuel Média dominant dans la société avec un taux de pénétration de 98 %, la télévision a fait l'objet, depuis longtemps, de tentatives d'utilisation dans un contexte scolaire. Que ce soit comme consommateur ou comme auteur, l'audiovisuel a fait l'objet de nombreuses expérimentations, mais paradoxalement, il est resté au seuil de l'école et cantonné au rang d'innovation. Il est courant d'entendre dire que l'école a raté le virage de l'audiovisuel, ce qui conforte l'argument de ceux qui veulent introduire les TIC. Pourtant, devenue banale, même dans les écoles, la télévision, accompagnée de son magnétoscope fait aujourd'hui partie du paysage pédagogique comme auxiliaire le plus souvent illustratif. Par contre, l'écriture télévisuelle reste marginale et occasionnelle dans l'école. La télévision, comme objet d'étude, est absente du cursus scolaire général, hormis sous l'appellation « d'image », sans plus de précision. En tant qu'outil d'aide à la formation, elle est présente comme soutien aux émissions. C'est avec l'apparition de la Cinquième, le développement d'émissions particulièrement ciblées sur l'éducation et la formation, puis maintenant avec le développement de la visioconférence ou de la télévision à la demande, que la télévision devient un outil qui s'intègre de plus en plus à la chaîne multimédia et se transforme en écran à tel point que des chaînes de télévision ont repris la charte graphique de l'ordinateur pour définir leur propre système de communication : France 3 et France 2, par exemple. La réalisation de films a retrouvé un nouveau souffle avec le développement des caméscopes qui offrent une souplesse bien plus grande que le cinéma traditionnel. Le travail du cinéma scolaire est resté actif mais, malgré tout, demeure davantage une pratique hors activités scolaires traditionnelles. Comment travailler en classe avec les installations multimédia? Le développement des équipements informatiques multimédia (hors Internet) comprenant capacités sonores et lecteur de CD ROM est aujourd'hui un fait établi dans les établissements secondaires. Au travers de nos visites d'établissement nous avons pu observer de nombreux types d'installation. Les contraintes ayant pesé sur ces mises en place étant très différentes les unes des autres, les résultats sont à prendre en acceptant l'a priori que l'établissement avait de bonnes raisons de faire ce qu'il a fait et que de toute façon, c'était son projet. Cependant, les pratiques naissant en partie des moyens matériels mis à disposition, on ne pourra éviter de constater que des types de dispositif nous paraissent plus efficaces que d'autres. La salle informatique, la salle multimédia, l'espace multimédia sont des termes couramment employés pour qualifier des lieux où sont plus ou moins « entassés » des matériels. Très fréquents, ils sont de plus en plus concurrencés par deux types d'installation qui semblent avoir trouvé une pertinence, tout au moins dans le discours de leurs utilisateurs. En premier lieu, c'est l'installation de matériels multimédia disséminés dans les classes et utilisés de façon tournante par les élèves et les enseignants utilisant ces salles. En deuxième lieu, c'est au sein du CDI ou de la BCD, quelques ordinateurs sont mis à disposition en fonction des besoins et des modalités d'utilisation choisis par les responsables des lieux, selon leur projet. -La salle informatique « dédiée » Il semble bien que la mise en place de salles informatiques « dédiées » induise une démarche de type tellement technique, qu'il est très difficile de réaliser un travail pédagogique efficace dans une configuration de type « salle » si les travaux ne concernent pas l'informatique en tant qu'objet d'apprentissage (technologie ou option), ou si les travaux ne sont pas de nature individuelle et de production (principalement textuelle). Par contre, toute démarche d'apprentissage semble vaine dans une salle qui ne comporterait pas au moins autant de place pour du travail sur d'autres supports que pour du travail sur poste informatique.
-La classe-atelier L'exemple de l'enseignement primaire, dans son fonctionnement en atelier tournant, que l'on retrouve d'ailleurs parfois dans l'enseignement technique ou dans le cas de l'aide aux élèves en grande difficulté, est typique de la possibilité d'intégrer " ordinairement " l'usage du multimédia dans une pratique pédagogique. Chaque fois que l'enfant a besoin, dans sa progression, de travailler sur poste informatique, il peut espérer accéder aux postes de travail. Toutefois, dans sa progression, il n'aura pas que le seul usage de ces outils et aura aussi à effectuer des lectures ou des travaux manuels complémentaires. Ce type d'implantation nécessite de la part de l'enseignant une bonne maîtrise de la différenciation pédagogique et une préparation en amont qui inclut des progressions utilisant différents supports.
-Le CDI informatisé Le travail au CDI, bien qu'étant aujourd'hui souvent considéré comme habituel, ne l'est pas en réalité. Les nombreuses interventions que nous avons été amenés à mener dans les établissements révèlent qu'une minorité d'enseignants a l'habitude d'utiliser le CDI dans ses pratiques pédagogiques habituelles. L'arrivée du multimédia dans les établissements s'est souvent opérée en premier lieu par le CDI, tant l'analogie entre le CD ROM et les encyclopédies a marqué les imaginations. Toutefois, même au CDI, outre la recherche d'informations, il y a toute la partie traitement de l'information, dans le cadre d'une pédagogie par production de documents, qui est possible. Cependant, le problème posé a été avant tout d'ordre matériel et, avec le développement d'Internet, ce problème s'est trouvé encore renforcé. Nous avons essayé d'inventorier de grandes catégories d'installations pour en présenter l'utilisation possible
-La salle informatique en libre accès, self-service Le cadre d'utilisation de ce type de salle est variable : salle de traitement de texte, salle de jeux, salle de renforcement pédagogique ou autre. Ce type d'installation semble assez rare, du fait des coûts des matériels. Seuls les établissements ayant un parc suffisamment étendu se permettent de mettre des machines en libre service dans une salle dédiée, pour les élèves. On rencontre parfois des salles pour les formateurs et enseignants. Le self-service informatique semble poser des problèmes matériels et la plupart du temps un encadrement est requis. Certes, du côté des élèves ce type de salle rencontre un succès important, mais les raisons n'en sont pas toujours celles souhaitées dans un cadre pédagogique. Les implantations de ce type de salle vont de la salle banale avec deux ou trois postes, à la salle à quinze postes, voire davantage, et reliés en réseau, ce qui est le cas dans les écoles d'ingénieurs (exemple de l'ENST par exemple).
Comment travailler en classe avec Internet? L'une des questions qui revient le plus souvent est celle de l'incompatibilité entre les conditions matérielles disponibles et les projets d'action pédagogique. Nous pensons que, de fait, les conditions matérielles influent sur les pratiques mais, puisqu'il faut « faire avec », il est nécessaire d'adapter des pratiques pédagogiques à des réalités matérielles. Nous avons inventorié trois grandes catégories d'installations intégrant Internet; pour la partie pédagogique, on se référera aux indications données précédemment
Bruno DEVAUCHELLE. Multimédiatiser l'école ? Ed. Hachette/Education. Paris1999. Pp.85-97 |
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Afin de pouvoir choisir des cédéroms après les avoir évalués et de déterminer la place et les rôles qu'ils sont à même de jouer dans un apprentissage, l'enseignant doit donc disposer d'un certain nombre de critères d'analyse et d'évaluation. DES PARAMÈTRES POUR L'ANALYSE DES CÉDÉROMS DE LANGUE Nous proposerons tout d'abord des paramètres qui permettent d'envisager les cédéroms sous l'angle de l'apprentissage, avant d'examiner ceux qui ont trait aux constituants des cédéroms.
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EXPLOITATIONS PÉDAGOGIQUES En aval des questions que nous venons de poser, certains auteurs proposent des pistes d'exploitations pédagogiques de cédéroms grand public. C'est le cas par exemple de Mangenot (1997a) qui parle de « scénarios pédagogiques » destinés à didactiser ces produits. En reprenant des propositions faites par Compte pour les documents vidéo, Mangenot suggère d'avoir recours à trois types de scénarios pédagogiques. Les scénarios utilisant la « fonction illustrative » permettront d'apporter, grâce au multimédia, de nouveaux exemples à un thème déjà connu par l'élève. Le cédérom sert alors à « activer ou réactiver » les connaissances de l'élève et à « apporter du matériau linguistique nouveau et authentique et, surtout, à intégrer tous ces éléments dans un cadre motivant pour les élèves ». Les scénarios utilisant la « fonction déclencheur » proposeront des activités d'expression, de formulation d'hypothèses qui seront ensuite confrontées aux données contenues dans les cédéroms. Enfin, les scénarios utilisant la « fonction moteur » constitueront le tremplin à une communication orale ou écrite. |
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In. Le multimédia. THIERRY LANCIEN. Ed. CLE/INTERNATIONAL.Paris1998 |
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Bruno DEVAUCHELLE. Multimédiatiser l'école ? Ed. Hachette/Education. Paris1999. Pp.134-135 |
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Dans de nombreuses occasions de formation, on découvre que le sentiment fréquemment exprimé par les enseignants est celui de perte dans un espace incontrôlé, dans une surinformation. En réalité, les spécialistes de la recherche de l'information, et plus généralement les utilisateurs avertis, développent des habitudes de travail qui leur économisent de l'énergie dans la recherche d'information. Les six possibilités décrites ci-dessous sont complémentaires les unes des autres et s'articulent globalement dans les pratiques des habitués. Toutefois, on notera que, dans de nombreux cas, une tromperie s'exerce sur la recherche d'information sur Internet : le grand nombre de pages disponibles, la vitesse de renouvellement de l'information ainsi que l'apparition et la disparition très rapide des documents rendent impossible un classement universel et fiable de l'information. On découvre rapidement, sans méthodes, que ce que l'on appelle les moteurs de recherche ou les annuaires se révèlent bien faibles pour trouver des informations pertinentes rapidement. On observe en particulier que c'est le « bruit » produit par des informations non désirées qui est le plus gênant, suivi de près par le problème de la compréhension par la machine des questions qu'on lui pose. Articuler les outils proposer ci-dessous, présentés sans ordre a priori, c'est avant tout utiliser diverses méthodes de travail qui s'affineront avec l'expérience d'Internet. Repérer dans des publications diverses des adresses de sites Internet ou de pages qui correspondent, prolongent la lecture De nombreuses publications papier (quotidiens, hebdomadaires, livres, etc.) proposent, en plus de leurs contenus, des adresses de sites Internet pour prolonger l'activité de lecture. Ces adresses sont souvent une base intéressante pour trouver de l'information pertinente, en complément de celle obtenue par un média traditionnel. Ce procédé est plus aisé qu'à la télévision, où il faut prendre des adresses complexes au vol; les adresses proposées au travers des écrits sont particulièrement adaptées pour les enseignants qui ont une bonne habitude de la lecture. Rechercher des sites Internet avec les moteurs de recherche, mais en utilisant les fonctions avancées de ces moteurs qui utilisent les opérateurs booléens L'utilisation des moteurs de recherche pose de nombreux problèmes aux utilisateurs. Ainsi l'enseignante qui recherchait des informations sur l'auteur dramatique Pierre Corneille s'est-elle retrouvée à la tête d'une liste de plusieurs centaines d'adresses de pages Internet qui proposaient des informations sur les oiseaux. Malheureusement, les concepteurs de moteurs de recherche (ces annuaires avec interface de recherche) ont mis en première ligne des systèmes de recherche très pauvres, préservant les fonctions avancées pour un deuxième niveau parfois difficile d'accès. En fait les fonctions avancées des moteurs de recherche sont essentielles pour aider à structurer les recherches, en particulier en s'appuyant sur ce que l'on appelle les opérateurs booléens (par exemple, demander « Pierre et Corneille » ne donne pas le même résultat que " Pierre ou Corneille »). Il s'agit donc, lorsque l'on utilise le moteur de recherche, d'aller systématiquement rechercher la fonction avancée ainsi que l'aide expliquant la syntaxe du moteur, celles-ci variant d'un outil à l'autre. En fait, rechercher des informations consiste à réduire de façon précise le cône de recherche, afin d'avoir suffisamment de réponses pour pouvoir les traiter et d'éviter le «bruit » de plusieurs centaines, voire de milliers de réponses. Utiliser les méta-moteurs de recherche, en ligne et hors ligne Les moteurs de recherche s'avérant différents les uns des autres et ne fournissant pas tous les mêmes résultats (base partielle, à peine plus d'un tiers des pages de l'Internet recensées par les meilleurs moteurs de recherche), se sont développés des méta-moteurs, ainsi appelés car en fait ce sont des outils qui ne font, comme seul travail, que d'interroger simultanément plusieurs moteurs existants pour proposer le résultat accumulé à l'utilisateur. Il existe deux types de méta-moteurs. Ceux dits en ligne (on line) sont comme des moteurs traditionnels d'aspect, mais font effectuer le travail par d'autres moteurs qu'ils interrogent. Ceux dits hors ligne (off line) sont en fait des programmes informatiques que l'on installe sur son ordinateur et qui effectuent le travail en interrogeant successivement les moteurs existants en ligne. La particularité de ces outils c'est de proposer, au-delà de la simple activité de recherche, un stockage et un traitement de l'information ainsi collectée. Ce traitement peut être plus ou moins « intelligent ». Ainsi certains proposent jusqu'à du traitement des contenus trouvés à l'aide d'outils issus de l'intelligence artificielle. Le danger des métamoteurs c'est le « bruit » et plus globalement l'imprécision des retours apportés qui, si l'outil est de mauvaise qualité, peut tromper celui qui cherche des informations précises, en lui faisant croire que rien n'est disponible sur Internet. Connaître des sites dits « génériques » dans la spécialité qui m'intéresse Les utilisateurs avertis les connaissent bien, il s'agit de sites Internet dont l'activité essentielle est de recenser d'autres sites, mais en respectant une logique: celle du concepteur de site, ses centres d'intérêts, le résultat de ses recherches. Qu'ils soient le fait de particuliers http://www.cartables.net/ par exemple ou d'institution http://www.cndp.fr ces sites, lorsqu'ils sont repérés, sont parmi les auxiliaires les plus précieux de l'habitué d'Internet. Suivant la qualité du site, l'utilisateur sera sûr de la qualité des résultats proposés. La découverte de ces sites est assez aisée, car des noms circulent dans chaque communauté d'intérêt qui les reprend, soit dans ses publications écrites, soit par l'intermédiaire d'autres vecteurs. Utiliser les listes de diffusion ou les forums dans la spécialité choisie L'abonnement à des listes de diffusion est en général gratuit. Il s'agit de recevoir dans sa boîte aux lettres électronique des informations transmises automatiquement par les participants à cette liste. Il existe un grand nombre de ces mailing-lists dans toutes les spécialités. Elles sont en fait le reflet des trouvailles des participants et apportent ainsi à celui qui le souhaite des adresses de sites déjà testées ou au moins repérées. La culture de la mutualisation est encore rare et nombreux sont les abonnés de listes qui n'apportent pas de contribution aux autres. Ce phénomène, normal, est amplifié dans le monde enseignant par les habitudes de travail individuel, au détriment du travail en équipe. Cependant, cette mentalité semble en mesure d'évoluer progressivement avec ces nouveaux outils qui sont moins impliquants pour les utilisateurs : l'écran est neutre et il permet de se protéger. Gérer attentivement les signets ou favoris du navigateur L'utilisateur averti d'Internet gère ses bonnes adresses, comme le fin gourmet. Pour cela, les concepteurs d'outils de navigation sur Internet ont prévu de les aider à l'aide d'un gestionnaire de favoris ou de signets. Cette base de données d'adresses de pages Internet permet d'organiser celles que l'on trouve selon ses usages, évitant ainsi d'avoir à repasser par des recherches fastidieuses quand on veut retrouver des liens anciens. La gestion de la recherche des sites intéressants sur Internet est en fait un éternel recommencement si l'on n'y prend garde. Cependant, les usagers professionnels avertis se satisfont largement d'une trentaine d'adresses consultées régulièrement et ne font des recherches nouvelles que dans très peu de cas. Les spécialistes de la veille économique proposent ainsi des outils intéressants, informatiques ou méthodologiques, surtout utiles pour des personnes travaillant dans des secteurs d'activité particulièrement concurrentiels. Bruno DEVAUCHELLE. Multimédiatiser l'école ? Ed. Hachette/Education. Paris1999. Pp.150-153 |
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Le portail des TIC vise à promouvoir et soutenir l'intégration des TIC en enseignement. On y trouve des ressources pour échanger, des réflexions sur les TIC, des scénarios pédagogiques, etc. | |||||||||||||||||||||||||||||||